1. Entre deux feux (2/3)


    Datte: 11/07/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Pessac, Source: Hds

    ... épaules s’affaissent d’un coup. Il était en train de répondre au téléphone.
    
    — Je te rappelle, dit-il et raccroche.
    
    — Je sais tout, crache-t-elle.
    
    — Entre, dit-il simplement.
    
    Il s’efface pour lui laisser le passage, lui indique d’un geste la direction à prendre. Elle part comme une flèche vers le salon, il la suit, lentement, d’un pas lourd et ralenti.
    
    — Explique !
    
    Clément lui indique le canapé, l’invite à s’y asseoir. Elle obéit, à contre cœur visiblement. Lui, reste debout.
    
    — Que veux-tu que je te dise ? Que j’ai juste voulu te permettre d’atteindre ton rêve. T’accomplir. Pleinement.
    
    — Tu as voulu m’acheter oui !
    
    L’avocat émet quelque chose entre rire et soupir.
    
    — Mais non. Et tu le sais bien : tu ne devais jamais rien savoir. Jamais. Je ne sais pas comment tu l’as appris, Mariana j’imagine.
    
    — Une maladresse de José mais là n’est pas la question ! Pourquoi ?
    
    L’homme soupire à nouveau, fais quelques pas, tourne sur lui-même.
    
    — Lana, j’ai de l’argent, beaucoup d’argent, trop pour un homme solitaire comme moi. Cet argent, je m’en sers pour faire un peu de bien autour de moi, aider l’un ou l’autre qui en a besoin.
    
    — M’ouais ! Tu choisis tes bénéficiaires. Quelques blondes j’imagine, jolies mademoiselles en détresse. Mais bon, José et Mariana qui sont dans la merde, eux, tu les oublies ! Pas intéressants ces deux-là.
    
    L’avocat reprend du poil de la bête :
    
    — Je suis en train de monter une société. José et Mariana n’en savent rien ...
    ... encore mais dans cette affaire, ils mettront leur fonds de commerce, à valeur de 51% des parts, j’amènerais du capital pour le reste des parts. Cet argent permettra quelques travaux, quelques adaptations. Et j’ai quelques idées pour redynamiser le bistrot.
    
    Lana est ébranlée, vaguement sonnée par cette révélation. Mais elle se reprend vite, retrouve sa hargne et est prête à mordre à nouveau mais Clément ne lui en laisse pas le temps.
    
    — Lana, je suis né avec une cuiller en argent dans la bouche. Une fortune confortable. J’ai un métier qui me passionne et qui m’assure des revenus eux aussi confortables. Je viens de te le dire, mes propres besoins sont limités, je suis un solitaire.
    
    — Pourquoi ? Tu as du fric, tu es connu, en vue, plutôt mignon, bien de ta personne. Pourquoi rester seul. Merde, les prétendantes doivent se bousculer au portillon !
    
    Petits rires désabusés.
    
    — Oh ça, ça ne manque pas : des croqueuses de dot, des écervelées prêtes à se donner corps et... corps pour me mettre le grappin dessus, des garces qui m’ouvriraient leurs cuisses pour mettre la main sur mon portefeuille. Ça ne m’intéresse pas. Plus, en fait ! J’ai connu, j’ai donné, j’ai pris. J’en ai profité je l’avoue, collectionné ces joyeuses garces pendant plusieurs années mais je ne suis plus intéressé désormais.
    
    — Depuis quand ?
    
    L’homme réfléchit. Il connait la réponse bien entendu, mais doit-il l’avouer ?
    
    Allez, basta, se dit-il.
    
    — Depuis un an, deux mois et dix-huit jours.
    
    Lana ...