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Renaissance Chapitre 1
Datte: 05/07/2026, Catégories: Epouses Aimantes, Auteur: MemoirsIntimes, Source: Literotica
... lève lui-même le bâton jusqu'à sa bouche, un geste lent, comme une offrande. Ses lèvres se referment sur le miel, leurs regards se croisent, fixes, comme deux bêtes à l'orée d'un territoire nouveau. Je me sens troublé ; j'imagine la douceur sucrée se répandre sur sa langue. -- Moi, c'est Jeanne. -- Jeanne... On dirait que ça te plaît. Je la vois passer la langue sur sa lèvre inférieure, un geste inconscient qui me frappe comme une onde. -- C'est surprenant. Je m'approche enfin, mon vinyle sous le bras. -- Tu as trouvé quelque chose, ma chérie? Elle tressaillit, comme tirée d'un rêve. -- Du miel. Monsieur est apiculteur. -- Julien. Il me tend la main. Je la serre. Son regard retourne vers Jeanne avec une intensité que je ne lui ai plus vue adresser depuis des années. Une bouffée de jalousie me traverse, chaude, soudaine, suivie d'une autre sensation, plus trouble, presque grisante. -- Ma miellerie est à dix minutes d'ici, sur la route de Saintes. Si vous voulez voir comment on extrait le miel, passez un de ces jours. -- C'est gentil. Il sort une carte de sa poche et la tend à Jeanne. -- J'y suis presque tous les jours. Passez-moi un coup de fil. Je vois leurs mains se frôler, s'attarder un instant de trop. La chaleur qui m'envahit est vive, presque douloureuse. Jeanne me passe la carte ; je la glisse dans mon portefeuille sans un mot. -- Je vais en prendre un pot. Le châtaignier. -- Parfait. Un sourire plein de ...
... sous-entendus. Il glisse le pot dans un morceau de papier kraft froissé. Lors de l'échange, leurs mains se touchent. Je vois le pouce de Julien frôler la paume de Jeanne. Elle frissonne, et un picotement monte dans mes bras. -- J'ai aussi un miel de lavande très doux. Il lui rend la monnaie, frôlant sa peau une dernière fois. -- Merci. Pour le miel... et l'invitation. Elle presse le sac contre elle comme un trésor. Sur le chemin du retour, seul le ronronnement de la voiture brise notre silence. Nous empruntons cette route départementale que nous connaissons par cœur -- le virage après le petit pont, l'allée de platanes, le clocher qui apparaît puis disparaît entre les collines. Combien de fois avons-nous fait ce trajet? Mais aujourd'hui, il me semble que nous traversons un territoire inconnu. Jeanne regarde par la fenêtre, les yeux flottant dans le vide, son parfum familier mêlé à une odeur subtile de miel, tout son être déjà loin de moi. Je passe devant la glacerie où nous nous arrêtons habituellement. Elle ne le remarque même pas. Je sens qu'il s'est passé quelque chose sous ce soleil de septembre, quelque chose que je n'ai plus senti depuis longtemps, peut-être depuis ce lointain été où, sur la plage de La Palmyre, un maître-nageur au corps bronzé avait longuement parlé avec elle pendant que je lisais, distrait. Je me souviens de son regard ce soir-là, de notre étreinte plus passionnée que d'habitude dans la chambre d'hôtel. Pour reprendre pied : -- ...