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Renaissance Chapitre 1
Datte: 05/07/2026, Catégories: Epouses Aimantes, Auteur: MemoirsIntimes, Source: Literotica
La fin de cet été nous ramène en Charente-Maritime, cette région qui rythme nos vacances depuis près de vingt ans. Nous y revenons toujours en septembre, quand les touristes sont partis et que la chaleur devient supportable. Notre location est la même depuis cinq ans -- une petite maison de pierre aux volets bleus à l'entrée de Saint-Porchaire. La propriétaire nous reconnaît, nous laisse la clé sous le pot de géraniums sans même venir vérifier. "Vous êtes comme de la famille," dit-elle chaque année. Ce dimanche, nous flânons sur une petite brocante, un vide-greniers de village que nous n'avions jamais exploré lors de nos précédentes visites. Il s'est installé sur la place de l'église d'un hameau à quelques kilomètres de notre location. Les habitudes ont du bon, mais elles peuvent aussi devenir des prisons. Je me surprends à penser que nous avons visité les mêmes endroits, parcouru les mêmes routes, admiré les mêmes paysages année après année, sans jamais dévier de nos itinéraires bien établis. Jeanne marche à mes côtés ; sa robe légère danse autour de ses soixante-dix ans comme une réminiscence de jeunesse. Je la regarde du coin de l'œil. Elle porte cette robe chaque année, l'ayant sans doute glissée au fond de sa valise avec l'étiquette invisible "pour la Charente". Nous sommes ensemble depuis quarante ans, mais cette région nous a vus traverser tant d'étés différents, les premiers avec les enfants qui pataugeaient dans l'océan, puis adolescents traînant des ...
... pieds sur les visites de monuments, puis les étés où nous sommes revenus seuls, savourant le silence retrouvé. Aujourd'hui, nous marchons l'un près de l'autre comme deux silhouettes étrangères, comme si ces décennies n'avaient laissé que des habitudes et des silences polis. Chaque année, je me rappelle pourtant la première fois où nous avons découvert cette côte. Jeanne avait ri en courant dans les vagues, ses cheveux alors bruns volant au vent. Elle m'avait semblé si vivante. Cette pensée me frappe alors que j'observe son profil concentré : quand avons-nous commencé à venir ici par habitude plutôt que par désir? Un stand de vieux vinyles attire mon attention. Je me plonge dans les bacs à la recherche d'une perle rare. Quand je lève les yeux, Jeanne se trouve devant un étalage de pots bien alignés. Mon disque en main, je m'approche. Elle parle à un homme. Il se tient derrière la table, la fixe avec une intensité déroutante. Dans la quarantaine bien entamée, il s'essuie les mains sur un torchon taché, un geste rapide, presque nerveux, comme pour effacer quelque chose de trop visible. -- C'est du miel de châtaignier. Il est plus... corsé. Il détourne brièvement le regard, puis le ramène sur elle, plus insistant encore. Moi, je fais mine de m'intéresser à la pochette de mon disque, mais en réalité, une part de moi écoute, attentive. Il tend un petit bâton en bois enduit de miel. -- Je m'appelle Julien. Goûte ça, vas-y. Jeanne reste immobile. Alors il ...