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Tu me dis : "non"
Datte: 21/06/2026, Catégories: couple, inconnu, Collègues / Travail hotel, cérébral, revede, caresses, Auteur: Peau-d'Anne, Source: Revebebe
Lundi, en fin de matinée, mon train entre en gare de Berne en provenance de Lausanne. Rapidement, je me dirige vers les arrêts de tram et monte dans la rame qui m’amène à un hôtel de renom de la Ville fédérale. Je viens participer à un séminaire : allez, cinq jours en vase clos avec des personnes venant des quatre coins du pays à parler plusieurs langues et à échanger sur nos méthodes de travail. Voilà qui est à la fois excitant et affolant. Je suis en effet plutôt de nature sauvage. Je fuis les autres et surtout les hommes dès qu’ils deviennent trop proches. Et pourtant… Après les formalités d’enregistrement et le dépôt des bagages dans la chambre, nous avons rendez-vous dans le grand lobby du centre de conférence situé au dernier étage de l’hôtel. La vue sur la vieille ville avec les Alpes bernoises en toile de fond est absolument magnifique. Après avoir été accueillis personnellement par les organisateurs du séminaire, les participants déambulent dans ce grand espace vitré, se servent au buffet et se présentent les uns aux autres. J’hésite, je tergiverse, je crains de paraître ridicule, de manquer de conversation. Alors que je m’apprêtais à rejoindre deux hommes parlant voitures, tu me tapotes sur l’épaule et je sursaute. Ce n’est pas que tu m’aies fait peur, mais plutôt que tu m’as coupé le souffle. Avec des yeux malicieux et un sourire ravageur, tu balaies du regard tout le buffet avant de t’arrêter sur ton assiette et sur la mienne. Je mets un peu de temps avant ...
... de comprendre et de rire à ton message. Fromage, charcuterie, pain et biscuits salés, nos assiettes sont vides de tout fruit et de tout légume alors que le buffet en est majoritairement pourvu. D’une moue entendue je te confirme ce que tu sembles penser également : ces Suisses-Allemands mangent beaucoup trop sainement pour les Latins que nous sommes, moi francophone et toi italophone. Alors que nous allions nous présenter ton téléphone sonne et je vois que tu dois répondre. Je te dis : « Oui, oui, on se voit plus tard. » Le reste de la journée, nous échangeons parfois un regard, un hochement de tête, un sourire à travers la salle de conférence. Le soir, je profite de l’occasion pour retrouver des cousins à Berne. Je reviens tard à l’hôtel et t’aperçois au bar accompagné d’une belle personne. Je ne m’en étonne pas, mais ressens un léger malaise qui me surprend moi-même. Mardi, lors du dîner (donc du repas de midi), tu t’approches de moi et me demandes si tu peux t’asseoir à ma table. Je te dis « Oui. » Tu as la conversation facile dans un français remarquable. Tu me parles, mais tu m’écoutes aussi. C’est tout naturellement que nous retournons ensemble à la salle de conférence. Tu me proposes un siège puis suggères de me rejoindre. Je te dis : « Oui. » Le séminaire est très intéressant, mais je peine à me concentrer. Je redoute de te quitter le temps du travail en petits groupes. Si c’est le cas, je te regarde t’éloigner, disparaître de ma vue pour te retrouver avec ...