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Pour entrer, frappe trois fois
Datte: 27/05/2026, Catégories: #drame, #érotisme, #horreur, #fantastique, #volupté, #rupture, Auteur: majaas, Source: Revebebe
... ? Tout près, très net : Élise frissonna. — Comment ? La réponse se fit sentir. Une langue sans visage contre son sein. Une succion lente. Puis un glissement sur son sexe, juste à l’orée. Dans son esprit, une vague d’images, de souvenirs. La même chambre, au décor d’un autre âge. Un homme jeune, au regard inquiet. Une femme rieuse. Un corps nu. Un départ. Une trahison. Une pendaison. La chaleur était partout. Dans ses doigts, dans ses reins, dans sa tête. Il la pénétra comme une idée. Le souffle court, les cuisses tremblantes, elle trépidait. Alexandre s’infiltrait dans ses articulations, jusque dans ses paupières. Elle essaya de se lever, mais n’y parvint pas. Le plancher gronda sous le sommier, la chambre entière se tassa pour l’accueillir. Ça naissait de l’intérieur. Elle convulsa en jouissant. Dans le miroir, un visage triste et beau qu’elle appela Alexandre. Puis plus rien. Haletante, elle s’écroula sur les draps et se sentit différente. Elle l’avait désormais en elle. Dans sa peau. * Le matin arriva, timide. Élise se réveilla lentement. À ses côtés, une personne nue était assise dans le fauteuil. Une superbe métisse au regard d’ambre, avec une cicatrice autour du poignet gauche, souvenir d’une corde ou d’un serment. Elle tapota trois fois l’accoudoir avant de parler. — Reste, chuchota la femme en lui tendant la main. Élise recula, tremblante. — Non… murmura-t-elle. La peur s’accrocha à ses entrailles. Elle s’habilla précipitamment et ...
... sortit. À midi, une fine ecchymose dessinait la ligne d’un nœud à son cou. Elle comprit qu’Alexandre réclamait toujours sa chute. Elle aurait dû s’enfuir, mais une force invisible la retenait. De retour au manoir, rien d’anormal dans les couloirs ; à l’accueil, la réceptionniste lui sourit poliment. — Tout se passe bien, madame ? — La chambre… — Hormis quelques ampoules qui grillent, personne ne s’en est jamais plaint. Pourquoi ? Élise fixa son interlocutrice quelques secondes, puis secoua la tête. — Rien. C’est… juste que je dors peu. Elle retourna dans la chambre. La porte tout juste refermée, la sensation revint. Une caresse sur sa nuque. Un soupir dans l’oreille. Une chair invisible. Elle alluma toutes les lampes une à une. Elles clignotèrent, puis s’éteignirent. — C’est moi qui décide, cria Élise, debout au centre de la pièce. Elle y croyait à peine, mais le dit quand même. Le silence lui répondit, épais. Allongée nue sur le lit, elle attendit. Rien. Juste son sang qui cognait dans ses tempes. Fermant les yeux, elle tendit la main vers le vide à côté d’elle, mais il ne se passa rien. Une absence presque insultante. Pourtant, très profondément dans son ventre, une chaleur sourde irradiait. Un rire bref lui échappa. — Tu vois, même absent, tu laisses des traces. Et dans le noir, elle eut cette certitude absurde : son corps ne lui appartenait plus tout à fait. Il était en elle. Elle remarqua que ses tétons étaient plus sombres. Ses hanches… ...