1. Joséphine, le long de la rivière Ouélé


    Datte: 27/05/2026, Catégories: Humour #sorcellerie, couleurs, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... âge, et, si possible, beaux, forts et musclés.
    — Héhéhé ! Ton Bassembo t’a habituée au haut du panier.
    
    Je soupire abondamment :
    
    — Je vais finir par le croire !
    — Comme je te l’ai déjà dit, tu es une belle femme pour ceux de ton pays.
    — Oui, oui, oui ! Et une fillette rachitique pour ceux d’ici !
    
    Toujours assis à même le sol, le sorcier me propose :
    
    — Si tu veux, je peux te rendre plus appétissante…
    — C’est-à-dire ?
    — Par ici, les hommes aiment les femmes qui ont un gros popotin.
    — Ça, j’avais remarqué !
    — Eh bien, moi, j’ai la possibilité de t’obtenir aussi un gros popotin.
    
    Je m’étonne franchement de cette proposition :
    
    — Ah bon ? Et comment ?
    — Je te rappelle que je suis un sorcier, un sorcier reconnu et apprécié, dit-il, le bougre, avec un aplomb surprenant.
    
    Je soupire intérieurement :
    
    — Et toi, en tant que sorcier, tu peux vraiment faire en sorte que j’ai un popotin d’enfer ?
    — Avec ton corps, il ne faut pas trop exagérer. Ta charpente n’est pas assez solide, mais je peux faire quelque chose.
    — Et pendant qu’on y est, avec mes seins, tu peux faire quelque chose ?
    — Doubler ou triple de volume, pas de problème !
    
    Je m’amuse :
    
    — Et quintupler ?
    — C’est toi qui vois, petite Joséphine ! C’est toi qui devras les porter, et gare à ton dos !
    — Quadrupler alors.
    — C’est déjà plus raisonnable. Dans ce cas, il faudra harmoniser l’avant et l’arrière. Sais-tu que « biama » signifie « quatre » ?
    
    Je réponds honnêtement :
    
    — Sur le coup, ...
    ... je n’avais pas fait le rapprochement, je commence seulement à savoir parler un peu le zandé… À ce propos, beaucoup de gens savent parler un peu français. Toi, tu sais très bien parler français, mieux que bien des personnes dont c’est pourtant la langue maternelle, félicitations !
    — Merci, merci. Alors, toujours OK pour ce quadruplement ?
    
    Rien n’est gratuit en ce bas monde, je demande :
    
    — Et tu demandes quoi en échange ?
    — Toi, bien sûr ! Juste profiter un peu de toi de temps en temps.
    — Ah bon ? Et pas d’argent ?
    
    Biama lève prestement les bras vers le toit de sa hutte :
    
    — Hé, petite Joséphine ! Que veux-tu que je fasse avec de l’argent, avec ces petits papiers imprimés, ces petits ronds en métal ? Ça n’a aucune utilité ici. Non, c’est toi qui serviras de monnaie d’échange…
    — Je crois savoir que ce ne sont pas les femmes qui te manquent, tu dors rarement seul !
    — C’est vrai, mais tu es la seule blanche du coin, ça me changera un peu, j’aime la nouveauté, surtout si tu quittes ton allure de fillette rachitique. De plus, tu es une presque blonde aux reflets roux avec des yeux bleus tirant sur le vert, c’est encore plus rare et exotique.
    
    En entendant ce mot, je me mets à rire :
    
    — Exotique, le mot est plaisant ! Pour moi, c’est ici que c’est exotique.
    — Pour moi, ici c’est le quotidien. Tout est relatif, comme le disait un certain Albert…
    — Tu es capable de me citer du Einstein alors que tu es sorcier ?
    — Mon art vaut bien celui de bien des savants, même ...
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