1. Joséphine, le long de la rivière Ouélé


    Datte: 27/05/2026, Catégories: Humour #sorcellerie, couleurs, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... il lui fait plein de petits trous. Bah, il sera acquitté sans problème ! Crime passionnel ! Sans parler de qui était l’amant…
    — Décidément, les femmes ont l’âme bien noire et le diable au corps !
    
    C’est lors de son enterrement que j’ai découvert que mon défunt amant n’était pas vraiment d’origine camerounaise, mais de beaucoup plus vers le centre de l’Afrique profonde, issu du peuple Zandé, parfois appelé Niam-Niam (lié à une certaine réputation de cannibalisme sur laquelle cette ethnie a joué pour terroriser ses ennemis et conquérir ainsi des territoires).
    
    C’est alors que j’ai eu une idée un peu folle : aller combler mon double chagrin en allant apporter la Civilisation au fin fond du continent noir.
    
    Mes parents ont tenté de m’empêcher de partir (ils avaient une nouvelle alliance en vue), mais, sachant que j’avais la bénédiction de ma belle-famille et celle de l’Évêché, ils ont été obligés de s’incliner. J’ai promis de ne pas réclamer plus que la pension qui m’était déjà versée, abandonnant quasiment tout le reste, sauf une maisonnette et le jardin qui va avec.
    
    Un « jardinet » de 200 hectares avec un petit bois, un étang et un ruisseau…
    
    Sur le bateau qui m’amène vers le Congo belge, j’ai été courtisée plus d’une fois. Il est vrai que je ne suis pas moche, de taille moyenne, aux yeux bleu-vert avec une chevelure presque blonde ayant quelques reflets roux. Mes traits sont réguliers, et j’ai ce qu’il faut là où il faut, sans que ça soit trop.
    
    — Si jeune et si ...
    ... jolie et déjà veuve ? Hmmm… intéressant…
    — À condition d’avoir la santé ! Cette jeune et avenante personne m’a tout l’air d’être une succube déguisée !
    — Oh, c’est une bien belle façon de mourir, non ?
    
    Comme je suis loin de la Mère Patrie, je me laisse un peu aller. En tout cas, il est rare que je dorme toute seule dans ma cabine de première classe ou dans celle d’un homme bien de sa personne. Il y aurait de quoi raconter tout un livre, mais ça allongerait trop ce présent récit.
    
    Mon port d’arrivée est Matadi qui est pourtant bien à l’intérieur des terres, sur le fleuve Congo, à 150 km du port atlantique de Banana. Reste maintenant à dénicher un bateau qui daigne continuer à remonter le fleuve.
    
    Pour information, les Zandés (ou Azandés) vivent le long de la rivière Ouélé (Uele, Uélé, Uelle, Wele etc.) qui se jette dans l’Oubangui, qui alimente le célèbre fleuve Congo, qui peut souvent passer à certains endroits pour une mer intérieure, tant sa largeur peut être vaste !
    
    Quand on a des sous et qu’on est une jeune femme, ça aide ! Le lendemain, j’embarque avec une troupe. Là aussi, je me fais agréablement courtiser, ça m’aide à passer le temps. Là aussi, je dors rarement seule, soit dans ma cabine ou celle d’un officier. Il y aurait encore de quoi raconter tout un livre, mais ça allongerait une fois de plus trop ce présent récit.
    
    Après presque trois semaines de voyage fluvial, j’arrive enfin à bon port, ou plutôt à bonne rive. Découvrant un territoire reculé avec ...
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