1. C'est une belle journée


    Datte: 21/05/2026, Catégories: grp, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe

    ... cela n’a de cesse de nous rappeler à nos pensées impures. La maman n’est pas la putain. Du plaisir à la damnation, il n’y a qu’un pas.
    
    J’avais saisi un jour printanier où le vent doux balayait les rues jusque dans la soirée. Semblablement les femmes pour ce jour doux s’étaient quelque peu dévoilées, allégées. Les épidermes attrapaient le regard des hommes, quelque tissu plus volatile découvrait les jambes, assises on pouvait remonter jusqu’aux cuisses.
    
    Je n’allais pas par pudibonderie esquiver le soleil et c’est ainsi que je sortis de chez moi, jupe courte, jambes halées d’une crème auto-bronzante, petit blouson de daim sur un simple soutien-gorge.
    
    Nous sommes souvent sujettes aux regards des hommes, à quelques commentaires marmonnés, aussi et bien malheureusement pour mes congénères, aux mains baladeuses et autres pince-fesses –vocable vieillot – dont la renaissance trouve sa place dans la montée en flèche du puritanisme nouveau. Bref, jusque-là rien de ces petits lâcher-prises des mâles sur mon chemin ne m’était arrivé. À l’approche de ces deux-là, quelques trente mètres dirons-nous, je me sentais déjà accompagnée du faisceau de leur yeux qui comme la diode rouge d’un tireur d’élite, parcouraient mon corps des jambes à la poitrine. Leur complicité prenait une forme de synchronisation dans le mouvement de leur visage.
    
    — Jolie, fit le plus audacieux.
    — Plutôt reprit l’autre.
    — Ça fait envie hein.
    
    Et je fis un petit retour vers mes deux admirateurs.
    
    — ...
    ... Envie de quoi, souriais-je ?
    — Ben envie quoi.
    — Laisse tomber, c’est pas une fille pour nous fit l’autre.
    — T’as raison.
    — Alors envie de quoi, messieurs.
    — Bon c’est bon, on dit ça, on dit rien.
    — Si mes jambes vous font envie, si je vous fais envie alors pas de souci, que fait-on ?
    — Bon, c’est bon, laissez-nous tranquille.
    — Vraiment ?
    — Oui vraiment.
    — Alors vous n’avez plus envie ? Toucher, caresser…plus envie.
    — Non, mais écoute ça ! Bon allez lâchez-nous maintenant. C’est vrai quoi, casse-toi salope.
    
    Désolant non, vous ne croyez pas ?
    
    Elle est entrée comme quelqu’un qui cherche à dire, mais ne dit pas. Sous mon grand tee-shirt, j’ai fait glisser mon ample shorty et dans la foulée, remonté un slip grenat La Perla. Quand j’ai retiré mon tee-shirt Emma a semblé fixer mes seins, plus particulièrement mes tétons.
    
    — Je crois que je suis lesbienne.
    — Ah bon ai-je fait en posant mes mains sur ma poitrine dans un réflexe Pavlovien.
    — Oui, je crois.
    — Tu crois ou tu es sûr, repris-je en ajustant mon soutien-gorge.
    — Je crois.
    — Mais tu as déjà… et ma robe me glisse sur le corps.
    — Oui, enfin non.
    
    Oups, j’enfile des boots à talons carrés et presque plats.
    
    — Pas simple ton affaire Emma.
    — Et toi, avec une femme ?
    — Oui quelques fois, mais toujours la même femme.
    — Mais toi tu es sûre, dit Emma.
    — Sûre, non j’aime le faire avec elle, et les hommes surtout les hommes.
    — Pour moi, c’est une femme fictive.
    — Virtuelle en somme.
    — Oui et non.
    — ...
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