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Les Chaumes
Datte: 11/05/2026, Catégories: fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... impose. Ses pattes de fille jambotent plus que celles du grand lascar qu’elle prend en remorque. — C’est vrai que c’est chouette ici. Et toi avec ton père vous venez y chercher des « jaunottes6 » ? — Oui… papa sait des coins. Mais ne compte pas sur moi pour te les montrer. Ça ne se fait pas ! — Je sais. Moi aussi j’en ai des endroits à moi. Tu sais… je me sens… trop bien. — Le grand air, c’est bon pour la santé. — Oh… il y a un petit quelque chose d’autre aussi. — … ? Quoi ? Qu’est-ce que tu racontes ? — Je suis content finalement de faire ce bout de chemin près de toi. Sans Patrick et Marc, je veux dire ! — Ah bon ! Et pourquoi ça ? Il ne répond pas. Mais il a dans le regard une telle flamme que les mots sont parfois bien inutiles. Comme elle aimerait là qu’il la prenne dans ses bras solides. Mais lui reste à bonne distance, dansant d’un pied sur l’autre. Est-ce à elle de faire le geste qui peut les rapprocher ? Non bien sûr ! Ces choses-là appartiennent aux garçons. Une nana ne peut pas s’affranchir de ces règles, ça ne se fait pas. Alors elle baisse les yeux, rougit, et lui se lève. Dans sa main, la lame brillante de son « opinel » qui grave dans le tronc deux consonnes dont elle devine la signification non dite. Puis enfin, triomphant, il lui jette sans oser croiser son regard. — Tu vois ça, Claude ! C’est là pour toujours… toi et moi… ensemble. — … ? — xXx — Petit matin d’automne Le temps qui passe n’a pas réussi à effacer les marques ...
... profondes, bien que les années en aient usé les contours, que la mousse les ait cachés à la vue d’éventuels promeneurs. Claude sait que sous son index, en creux, il y a le point de départ d’une histoire. La sienne, la leur ! À quarante-deux ans, le bonheur s’est envolé, avec lui, parti trop tôt. Mais elle ne veut pas pleurer, non ! Juste garder encore et encore le sentiment presque palpable qu’il est ici, où tout a commencé. Dans l’air vibrant d’un petit matin d’automne, dans les branches d’un chêne séculaire, dans le bruissement d’une brise légère, bien des sourires s’affichent. Celui de ce père dont elle recherche dans sa tête la voix, puis celui plus douloureux de son mari… les deux hommes de sa vie quoi ! Un repas frugal fait d’œuf dur et de fromage, un verre de vin rouge pour faire bonne mesure et elle quitte à regret l’arbre aux souvenirs. Encore quelques centaines de mètres, en lisière de forêt ; un bosquet. D’habitude, elles sont dans ce coin, les premières gouttes d’or de la nature. En avançant prudemment, une corolle dorée montre le bout de son nez. D’autres, nichées dans les hautes herbes, bien fraîches et attirantes, se laissent cueillir sans résistance. Le panier commence à se remplir de ce qui va devenir un régal. C’est comme si une main invisible guidait ses pas. Celle de Henri ? Ou de Michel ? Les deux l’ont accompagné dans ces lieux qui gardent leurs souffles précieux. Ils sont là, ces hommes qu’elle a aimés. L’un pour lui avoir donné puis appris la vie, et le ...