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Les Chaumes
Datte: 11/05/2026, Catégories: fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... second pour avoir assuré la continuité du premier. Henri, Michel, hommes de cette terre rude, de cette nature si riche pour ceux qui savent en prendre soin. Dans chacune de ces perles d’or que ses yeux découvrent, sous le tapis de feuilles mortes, c’est un peu des hommes de sa vie qui lui remontent à la mémoire. Le sentiment tellement fort, violent que ce sont eux qui guident encore aujourd’hui ses pas. Et de cache en cache, les girolles s’accumulent dans son panier d’osier. Ici, loin du monde, loin de toute agitation, les choses sont vraies. Claude est en paix, son esprit et son corps sont au diapason. L’épeire qui sur sa toile baignée de lumière file rapidement à son approche, le geai bleu qui frigulote pour signaler aux résidents du coin sa présence, tout est fait pour lui rappeler qu’elle est… vivante ! — xXx — Souvenirs Quand lui a-t-il pris la main ? Aucune mauvaise intention, bien au contraire. Il ne cherche pas non plus à l’embrasser. Pourtant, mentalement, elle appelle de tous ses vœux un bisou. Juste un effleurement de sa joue par ces lèvres qui restent obstinément closes. Alors, bien sûr qu’elle tressaille, que son cœur dans sa cage se met à ronronner à la chaleur de cette patte qui serre ses doigts. Un véritable coup de tonnerre, lorsque de sa gorge enrouée, sans vraiment la regarder, un peu comme s’il ne s’adressait qu’à lui-même, Michel enfin desserre les dents. — Je ne sais pas ce qui m’arrive, mais… je crois que j’ai besoin de toi, Claude. — … ...
... ? Quoi ? — Chut ! Laisse-moi te dire… sinon je n’aurai plus le courage de le faire… je… Patrick et Marc… c’est con à dire, mais je suis heureux ce matin qu’ils ne soient pas venus. S’en suit un long monologue où il lui raconte des tas de trucs qu’elle n’aurait jamais cru possibles un jour entendre de la bouche d’un garçon tel que lui. Ils marchent longtemps sur le plateau, sans but réel, juste pour être ensemble encore et encore. Et au milieu de l’après-midi, alors que le soleil entame sa lente course vers l’ouest, leurs pas les ramènent vers le sentier du retour. Claude s’aperçoit à cet instant précis où ils abordent la descente que ses doigts n’ont plus quitté ceux de Michel. Il finit sa longue tirade que pas une seule fois elle n’a voulu interrompre. — Tu sais, Claude… c’est avec toi que je veux vivre. Je crois que tu es la femme de ma vie… Mais le choix t’appartient. Je pense que Patrick et Marc eux aussi sont… enfin comme moi. Là, un sursaut de courage, et Claude ose… — Quoi comme toi, Michel ? J’adore ce que tu viens de me dire. Mais pourquoi tout gâcher en mêlant nos amis à cette belle déclaration ? Pourquoi voudrais-tu que tes copains m’intéressent plus que toi ? — … Oh, Claude, voyons ! Tu ne lis donc rien dans leurs mirettes ? Tu n’as donc pas senti combien ils tiennent à toi ? Sûr que ces deux gars ont des sentiments pour toi. — Et toi ? Michel ? N’as-tu donc jamais compris que je m’en fiche de tes potes ? Et j’ai longtemps prié pour que tu saches ...