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Dérive
Datte: 10/05/2026, Catégories: #érotisme, #nostalgie, #personnages, #adultère, #candaulisme, #couple, #libertinage, #Voyeur / Exhib / Nudisme, #masturbation, couple, extracon, cocus, candaul, grossexe, vacances, jalousie, cérébral, Auteur: VLemoine, Source: Revebebe
Chaque année, à l’approche de décembre, une question silencieuse revient me hanter : faut-il recommencer comme l’an dernier, rejouer les mêmes rituels, les mêmes plats, les mêmes sourires forcés ? Ou faut-il tout bouleverser, comme un coup de vent dans un salon bien ordonné ? Ce n’est jamais moi qui décide vraiment. Je fais semblant. Il me laisse croire que je choisis, mais je connais trop bien cette façon qu’il a de se mettre en retrait pour mieux observer. Il me délègue les apparences, mais il garde la main sur l’essentiel. Pourtant, cette année, quelque chose avait changé. Il voulait partir. Loin. Sans amis, sans famille, sans obligations. C’est lui qui a proposé Agadir. Et moi, j’ai dit oui. D’abord sans y croire. Puis, doucement, j’ai commencé à y penser la nuit, entre deux rêves. Le sable, la lumière, la possibilité d’un autre corps, d’un autre temps. Agadir, c’était l’idée d’un effacement temporaire, d’une parenthèse où je pourrais peut-être respirer autrement. Et peut-être – je ne me l’avouais pas encore – désirer autrement. Je n’avais pas prévu Anthony. Pas lui. Pas ici. Pas maintenant. C’est à l’aéroport que tout a basculé. Une simple silhouette dans la foule, un éclat dans le regard, et tout mon corps s’est tendu. Mon souffle s’est brisé comme une vague contre un mur invisible. Je l’ai vu avant qu’il ne me voie, et j’ai senti mes jambes devenir lourdes, mon ventre se nouer, mon sexe se contracter doucement – malgré moi, contre moi. Anthony. Ce nom ...
... que je croyais avoir oublié. Cet homme que je n’aurais jamais dû revoir. Mon mari a vu mon visage se figer. Il m’a prise par le bras, m’a demandé, inquiet : — Tu le connais ? Je n’ai pas répondu tout de suite. Il fallait que je reprenne possession de mon visage, de mes pensées. J’ai fini par murmurer : — Oui. C’est… quelqu’un que j’ai connu. Il y a longtemps. Mais déjà, je savais que ce mensonge-là n’en serait pas un. Il allait le sentir. Il allait tout deviner. Anthony s’approchait. Sa démarche lente, assurée. Ses bras tatoués, son allure presque indécente. Rien n’avait changé, ou plutôt si : tout ce qui était brut en lui s’était affiné, comme si le temps avait renforcé ce qui faisait de lui une anomalie. Il n’était pas beau, pas dans les codes. Mais il dégageait cette chose impossible à décrire, cette arrogance animale qui entre sous la peau. Je n’ai pas su fuir. Nos regards se sont croisés. Une seconde, peut-être deux. Mais j’ai senti dans cette seconde tout ce que mon corps avait gardé en mémoire. Et lui aussi, je le sais, l’a senti. Mon mari était là, entre nous. Il n’a rien dit. Il a souri poliment. Il a serré la main d’Anthony comme on serre celle d’un fantôme. J’aurais voulu disparaître. Dans l’avion, j’ai évité leurs regards. Je sentais Anthony quelques rangées derrière nous, pesant, brûlant. Et mon mari, lui, ne disait rien. Il m’observait. Il attendait que je parle. Mais je ne pouvais pas. Pas encore. Je l’ai senti se raidir. Il devinait ...