-
L’évènement : De charybde en Chti là !
Datte: 05/05/2026, Catégories: fh, fffh, Auteur: Claude Pessac, Source: Revebebe
... cerveau. Une patate inopérable, du moins pas opérable sans risques majeurs pendant et après l’opération. Et de toute façon, les chirurgiens ne pourraient pas enlever la totalité de la tumeur. L’oncologue voulait une hospitalisation immédiate qui serait accompagnée de traitements lourds mais le médecin ne lui faisait aucune promesse de rémission éventuelle. Lias avait refusé catégoriquement ! Tout ! Je te passe les détails si ce n’est qu’il était prévenu qu’à l’apparition de troubles de la vision, l’échéance fatale serait proche et accompagnée de grandes souffrances. Des larmes silencieuses coulent sans discontinuer sur ses joues. — Jules, me dit-elle en resserrant ses mains en étau sur les miennes, je suis absolument certaine que tu as été l’instrument de sa délivrance. Il ne pouvait pas se suicider car son assurance-décès avait moins de deux ans. Or il voulait me laisser un capital… Jules, Lias a délibérément choisi ton camion comme arme fatale, pour être sûr de ne pas en réchapper. Tu ne dois absolument pas culpabiliser. Gwen lâche finalement mes mains, s’excuse de m’avoir broyé les phalanges et m’adresse un timide sourire. Cette pauvre risette a moins le mérite de tarir ses larmes. Elle en a fini, elle a vidé son cœur. Rien de ce qu’elle m’a dit ne m’a réellement surpris. J’en reste pourtant étourdi. Et partagé. Dois-je lui raconter mon rêve, mes souvenirs. Cela ne raviverait-il sa peine, l’amplifierait ? D’un autre côté, n’a-t-elle pas droit à l’entière ...
... vérité ? La jeune femme décèle mon trouble, ressent les interrogations qui me chamboulent. — Tu dois me croire Jules. Lias a annoncé ses intentions à Ingunn. Quelques semaines plus tard, il lui a envoyé un courrier, double enveloppe, en lui demandant d’ajouter, sans l’ouvrir, la seconde lettre à son testament. Une lettre qui m’était destinée et que le notaire m’a remise. Je pense au passage que cette sacrée Ingunn était bien curieuse d’en connaître le contenu ! Vieille et adorable chipie ! Je te ferai, je vous ferai peut-être lire cette magnifique lettre un jour… Sache juste pour l’instant que Lias parle de toi, enfin du chauffeur du camion auquel il présente ses excuses pour tous les problèmes et tracas engendrés par son acte volontaire. C’est bon ? Le mouvement d’épaules et la moue que je lui sers lui font comprendre que non. Avant qu’elle ne parle, je lui fais signe de m’accorder quelques secondes de réflexion. Je prends mon élan : — Gwen, je dois te parler de l’accident. Je sais ô combien ce sera pénible pour toi mais je crois que c’est nécessaire et que cela t’apportera finalement du réconfort. Tu dois savoir que juste avant le choc, Lias s’est penché, un pied en arrière, l’autre plié vers l’avant, le buste à l’horizontale, le crâne en pointe vers la calandre de mon bahut, comme un taureau qui va charger et qui espérerait arrêter mon camion. Tu m’as donné la confirmation de ce que je…, ce que nous, moi, Lina et le gendarme Baroud avions imaginé : Lias voulait ...