1. Imbroglio


    Datte: 02/05/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... pas armée, hein Beaumanoir ? Tu m’le dirais ?
    — Non.
    
    Il ouvrit la boîte à gants pour s’assurer qu’aucune arme ne s’y trouvait.
    
    — Tu vois, le boss a dit que je devais faire attention à toi. Je fais attention hein ? Chouette bagnole, en attendant. Tu me la prêteras ta tire Beaumanoir ?
    
    Il arborait un rictus.
    
    — Ouais Beaumanoir, je crois bien que je vais driver ta caisse.
    
    Félix essayait de me faire peur. Soyons bonne joueuse avec lui, essayons d’avoir l’air d’avoir peur.
    
    — Tu la veux tout de suite Félix ? Je te la laisse tout de suite.
    
    Non, finalement, je n’avais pas trop envie de voyager avec Félix jusqu’en Allemagne. Parmi mes amours de pistolets, le Walther PPK reste l’équivalent d’une vieille maîtresse qu’on ne parvient pas à oublier et vers laquelle on revient régulièrement. Le mien était scotché sous le siège passager, si vous voyez où je voulais en venir, lui faire prendre ma place au volant et me retrouver sur le siège passager.
    
    Comment manger avec la tronche de Félix en face ? Non, vraiment, nous n’allions pas déjeuner ensemble.
    
    — Tu peux la prendre en main tout de suite, si tu veux Félix.
    — Ouais, t’es une fille sympa finalement, Beaumanoir. Ouais, tu vois ? J’crois que je n’vais pas chercher à t’humilier. Tu vois, genre que je t’oblige à ce que tu pisses devant moi, ou des trucs comme ça. Que je t’ai à ma pogne quoi.
    
    Il s’arrêta de parler pour me regarder avec un sourire niais.
    
    — Le patron, il veut que je t’aie en main, que tu files ...
    ... droit. P’tête aussi que j’t’aurais ordonné d’me sucer. Ça, c’est marrant. C’est marrant, hein Beaumanoir ? Et v ‘là que tu m’prêtes ta Jaguar. Alors là, c’est plus pareil, hein ? Mais tu sais, p’tête que tu cherches à m’avoir. Alors p’tête que tu me suceras quand même. On s’comprend Beaumanoir ?
    
    Je hochais la tête.
    
    — Tiens tu t’gares là, me dit-il en désignant la bande d’arrêt d’urgence.
    
    Pauvre Félix… Mais je n’avais pas vraiment envie de déjeuner avec Félix.
    
    — Tu vois Beaumanoir, si t’es sympa comme ça, j’crois que j’vais être gentil avec toi. On va rester ensemble jusqu’à d’main. Le mieux, c’est qu’on soit copains, hein ? Mais tu fais pas la conne, hein ?
    
    Quel bavard ! Je n’allais vraiment pas supporter ça jusqu’à demain.
    
    — Mais nan ! Tu vas pas faire la conne. J’le sens. J’conduis ta tire et pis c’est tout. J’suis juste là pour que tu fasses pas d’conneries. Tu vois ? Cette histoire que je te r’garde pisser ou bien que tu m’suces, c’était pour rigoler. Juste j’te mène là où il faut, en Allemagne. Tu piges ?
    
    Quel bavard !! Il en devenait attendrissant presque…
    
    Au moment où nous avions échangé nos places, la Mercedes du vieux con, suivie des deux voitures qui l’escortaient, passa sur la file de gauche. Félix leur fit signe de la main.
    
    — Tu fais doucement, hein, Félix, demandai-je sur un ton apeuré.
    — J’sais driver hein. Ouah la vache, elle accélère bien ta caisse. Une tire comme ça, c’est comme une gonzesse, y’a pas. Une jolie p’tite gonzesse un ...
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