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Imbroglio
Datte: 02/05/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... suppose que ce n’est pas votre vrai nom. Joli nom d’ailleurs, Beaumanoir… — Non, pas vraiment mon vrai nom. C’est un des avantages des fausses identités, on peut choisir son patronyme. Autant en prendre un bien. Je me surprenais moi-même. Je me demandais pendant combien de temps, j’allais supporter ce vieux con, encore ? — Bien, vous allez faire comme je dis, Mademoiselle Beaumanoir. Notre ami Samir a prétendu que vous êtes la meilleure dans votre domaine. Désirant toujours le meilleur, je n’ai donc pas le choix et vous non plus. — Oh si ! Je vais m’arracher de là et aller déjeuner. Je suis sortie de la Mercedes. J’avais un vieil air des Who dans la tête. Celui où le chanteur bégaye sur le refrain, en disant qu’il espérait mourir avant de vieillir. Un des Africains était installé au volant de ma Jaguar et pointait vers moi un Smith & Wesson. L’autre, Bakary je crois, faisait de même derrière moi avec son Colt. Celui qui me braquait depuis ma voiture tenait négligemment et mollement son flingue à bout de bras à l’horizontale, comme dans les clips de rap américains ou les mauvais films. — Absurde et inefficace, dis-je. — Quoi ? — Hormis passer pour un frimeur, je ne vois pas l’intérêt de pointer son arme comme ça, lui dis-je. Déjà, tu perds en rapidité si tu dois tirer. Tu perds surtout en précision. La position de ta main et de ton doigt sur la gâchette ne sont pas naturelles. Et si tu dois doubler ton tir, c’est encore pire. Enfin, je dois être d’une autre ...
... école. Il me lança un air ahuri. — Hein, dit-il — Rien, laisse tomber… Je le plantais là. Il n’y avait rien d’autre à faire que de retourner vers la Mercedes. Ou comment faire passer une défaite pour une victoire. — Très bien, dis-je. Vous avez raison. Qu’est-ce que je sais si bien faire d’après cet imbécile de Samir ? — Vous n’avez pas froid aux yeux, vous savez vous servir d’une arme, vous êtes une professionnelle. Il se trouve que j’ai exactement besoin de cela Mademoiselle Beaumanoir. — D’accord, dites ce que vous voulez et je ferai mon tarif ensuite. — Ne soyez pas si empressée. J’ai d’abord besoin que vous alliez à Stuttgart… Les tractations durèrent trois minutes. En gros, je devais aller en Allemagne, accompagnée d’un de leur porte-flingue. Là-bas, on m’expliquerait tout en détail. Je suis passée devant Samir sans un mot pour lui, malgré son air de chien battu qui implorait que j’accepte ses excuses. L’Africain au Smith & Wesson me céda la place au volant, et un type blond se matérialisa devant moi. — Je m’appelle Félix, dit-il. On ne se quitte plus jusqu’en Allemagne. — C’est ce que j’ai cru comprendre de la part de ton patron. — On était certains que ça se passerait bien avec toi. Ça va faire une jolie promenade, non ? Vas-y démarre. Roule… Félix avait la quarantaine, un début de calvitie et un physique de prof de gym (sans le survêt, mais avec la fine moustache). Nous avons donc quitté l’aire et pris l’autoroute vers Lille. — T’es ...