1. Toi qui me parles sans un mot...


    Datte: 01/05/2026, Catégories: #exercice, #réflexion, #nostalgie, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... importaient leurs natures. J’ai cherché ailleurs, partout, des bras où me réfugier, du vacarme pour t’étouffer. J’ai tendu mes mains vers des visages, des promesses, des instants de fièvre, vers tout ce qui me permettrait de t’oublier. Je me suis jetée à corps perdu dans l’ivresse des rencontres, dans la chaleur d’étreintes éphémères, persuadée que, si je courais assez vite, si je parlais assez fort, si je dansais jusqu’à m’étourdir, je pourrais t’abandonner derrière moi.
    
    J’ai voulu me remplir du monde pour te chasser. J’ai cru à tort que l’amitié, l’amour, la passion pouvaient t’effacer.
    
    Mais chaque matin, au réveil, encore alourdie de mes excès, je te retrouvais. Quoi que je faisais, peu importait avec qui j’étais, c’était toujours à toi que le jour me ramenait.
    
    Et, dans le vide pesant de ma chambre, tu étais là. Tu n’avais pas bougé, tu ne m’en voulais pas, tu m’accueillais sans un reproche.
    
    Avec le temps, j’ai fini par me forger une certitude qui ne m’a plus jamais quittée :Quand les autres passent, quand les rires s’éteignent et que les promesses se brisent, toi tu restes.
    
    Puis je t’ai accepté
    
    Peu à peu, en silence, tu es devenu mon refuge. Au lieu de te redouter, j’ai appris à t’écouter. Au lieu de te fuir, j’ai compris que je pouvais m’y lover, comme on se blottit dans une nuit sans orage, une nuit sûre et profonde, une nuit propice au repos.
    
    Tu m’as appris la patience des choses qui demandent du temps, l’acceptation des vérités que l’on craint, ...
    ... la légèreté des peines que l’on accueille comme une part de soi.
    
    À ton contact, j’ai cessé de me débattre. J’ai laissé mes blessures se refermer sans raviver leur douleur et mes souvenirs devenir des leçons de vie plutôt que des rancœurs empoisonnées.
    
    Par toi, j’ai autant appris que j’ai versé de larmes.
    
    Alors, sans que je sache quand ni comment, tu es devenu mon havre de paix. Dans l’espace que tu m’offres, je trouve ce que j’ai longtemps cherché ailleurs : un réconfort que nul bras ne pouvait m’offrir, un apaisement qu’aucun sourire ne savait m’apporter.
    
    Ombre qui rafraîchit après l’ardence de la canicule, accalmie après la tempête, inspiration longue et apaisée après l’essoufflement.
    
    Avec toi, je me suis reconstruite.
    
    Dans ta quiétude, ma propre voix s’est révélée. D’abord ténue, fragile comme un ruisseau hésitant, puis plus claire, plus fluide, jusqu’à devenir une source vive. J’ai compris qu’autrefois, je l’avais couverte sous des torrents de bruit et d’agitation, croyant la faire disparaître plutôt que la faire mienne. Avec toi, j’ai découvert que le silence n’est pas une absence, mais un langage. Un puits intarissable de vérité.
    
    Tu m’as appris la constance : celle d’attendre sans crainte, de ne plus me jeter dans l’urgence du premier appel, du premier sourire, du premier mirage d’oubli.
    
    Par toi, j’ai appris à penser. À creuser sous la surface, à démêler les fils enchevêtrés de mes doutes, à me confronter à mes ombres sans détourner le regard. Tu ...