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Sahara - Chapitres 1 à 8
Datte: 28/04/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Karim_et_Nadia, Source: Hds
... qui la dévorait, cette sensation d’être enfin vivante. Mais déjà, les images s’estompaient, remplacées par la réalité grise de son quotidien. Le premier jour de retravail fut un calvaire. Ses collègues architectes voulaient tout savoir de leur voyage. Elle raconta les excursions, les paysages, l’hôtel, en omettant soigneusement l’essentiel. Chaque mensonge lui laissait un goût amer. — Vous avez l’air en pleine forme ! remarqua Samira, sa collègue de bureau. Ce voyage vous a fait du bien. — Oui, on a bien profité. Mentir était devenu si facile. Trop facile. Les jours passaient avec une lenteur insupportable. Chaque matin, le réveil à six heures. La routine immuable : douche de Karim, petit-déjeuner, trajet en voiture avec les mêmes conversations. Le bureau, les dossiers, les clients. Le retour le soir, le dîner, la télévision, le lit. Karim ne remarquait rien. Pour lui, tout était rentré dans l’ordre après cette parenthèse réussie. Il avait même retrouvé une ardeur nouvelle au lit, satisfait de sa stratégie de reconquête. Mais Nadia ne ressentait plus rien dans ses bras. Pire, elle devait se forcer pour ne pas le repousser. Comment avait-elle pu se contenter de si peu pendant cinq ans ? Chaque geste de Karim lui rappelait cruellement ce qu’elle avait découvert avec Amara. La passion, la vraie. Celle qui consume et transforme. Au bout d’une semaine, l’irritabilité la gagna. Tout l’agaçait : la façon dont Karim mastiquait, ses commentaires sur les ...
... informations télévisées, ses projets de week-end chez ses parents. — Qu’est-ce qui ne va pas ? finit-il par demander un soir où elle avait repoussé sèchement ses avances. — Rien. Je suis fatiguée. — Fatiguée ? Mais on vient de rentrer de vacances ! Vacances. Si seulement il savait que ces cinq jours avaient été tout sauf reposants pour elle. Qu’ils avaient bouleversé sa vie de fond en comble. Les disputes commencèrent la deuxième semaine. Des disputes stupides, sur des broutilles. La vaisselle mal rangée, la télévision trop forte, le choix du restaurant. Nadia cherchait inconsciemment le conflit, comme si elle voulait justifier sa culpabilité par la colère. — Je ne te reconnais plus, lui dit Karim après une énième altercation à propos du ménage. Au Sahara, tu étais si heureuse, si détendue. Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Elle avait découvert ce que signifiait être une femme. Elle avait goûté au fruit défendu et ne supportait plus la fadeur de son existence conjugale. — Rien ne s’est passé ! explosa-t-elle. C’est juste que… que cette vie m’étouffe ! — Cette vie ? Notre vie ? Notre appartement, notre travail, nos familles ? — Oui ! Tout ça ! Cette routine, cette prévisibilité, cette… prison ! Karim la regardait, abasourdi. Jamais elle ne lui avait parlé ainsi. — Mais… mais qu’est-ce que tu veux de plus ? On a tout ce qu’il faut pour être heureux ! « Heureux. » Encore un mot qui avait perdu tout son sens. Comment lui ...