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Sahara - Chapitres 1 à 8
Datte: 28/04/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Karim_et_Nadia, Source: Hds
... verrez. Nadia observait le paysage qui défilait. Tamanrasset n’avait rien à voir avec Alger. Ici, les maisons basses se fondaient dans la terre rouge, les palmiers se dressaient comme des sentinelles, et partout cette lumière particulière qui transformait les moindres détails en œuvre d’art. Leur hôtel se situait en périphérie, au pied des montagnes du Hoggar. L’architecture respectait le style local : murs de pisé, terrasses ouvertes sur l’horizon, jardin intérieur avec bassin. Leur chambre donnait directement sur l’immensité désertique. — C’est magnifique, murmura Nadia en découvrant la vue depuis leur terrasse. Pour la première fois depuis longtemps, Karim la vit sourire avec spontanéité. Son plan fonctionnait déjà. — Je t’avais dit que ça nous ferait du bien, dit-il en l’enlaçant par derrière. Elle se laissa aller contre lui, respirant l’air pur du désert. Au loin, les montagnes prenaient des teintes violettes sous le soleil déclinant. Le dîner fut servi sur la terrasse commune, sous un ciel qui commençait déjà à révéler ses étoiles. Quelques autres couples d’Algériens, un groupe d’Européens en voyage organisé, et le personnel de l’hôtel qui circulait avec discrétion. Nadia remarqua immédiatement le jeune homme qui servait à leur table. Grand, élancé, la peau mate typique des Touaregs, il avait ce regard intense qu’elle n’avait jamais vu chez aucun homme de sa connaissance. Quand il posa le plat devant elle, leurs doigts se frôlèrent un ...
... instant. — Merci, dit-elle, troublée par ce contact furtif. — De rien, madame. Si vous avez besoin de quoi que ce soit… Sa voix était grave, avec cet accent du Sud qui rendait chaque mot plus lent, plus caressant. Il s’appelait Amara, apprit-elle quand Karim lui demanda des conseils pour leurs excursions. — Pour l’Assekrem, il faut partir très tôt, expliquait-il. Ou alors en fin d’après-midi pour le coucher du soleil. C’est plus romantique. Son regard s’attarda sur Nadia quand il prononça ce dernier mot. Elle sentit ses joues s’empourprer et baissa les yeux sur son assiette. — On ira demain soir alors, décida Karim, inconscient du trouble de sa femme. Après le repas, ils se promenèrent dans le jardin de l’hôtel. L’air était doux maintenant, parfumé par les jasmins et les orangers. Karim était détendu, heureux de voir Nadia reprendre des couleurs. — Tu te sens mieux, on dirait. — Oui, c’est vrai. Cet endroit est… différent. Différent, c’était le mot. Tout était différent ici. Les odeurs, les sons, la lumière, même sa propre perception des choses. Comme si le désert réveillait quelque chose en elle qu'elle avait toujours ignoré. Dans leur chambre, ils firent l’amour pour la première fois depuis des semaines. Rien d’exceptionnel, le même rituel habituel, mais Nadia se surprit à imaginer autre chose. D’autres mains sur sa peau, une autre bouche contre la sienne. L’image d’Amara s’imposa malgré elle, et elle dut serrer les dents pour ne pas gémir son ...