1. Salon de coiffure pour hommes


    Datte: 28/04/2026, Catégories: #collaboratif, fh, coiffure, Auteur: ClubAA, Source: Revebebe

    ... nous montrer sa foufoune pour nous prouver qu’elle n’est pas frigide. Encore une allumeuse mal baisée… »
    
    Réflexion bien masculine dès qu’une femme hausse le ton.
    
    Albert ne reconnaît pas celle qui lui a acheté son salon de coiffure quelques années auparavant. Il faut dire que Maxence-Maximilienne a bien changé, ce n’est plus la frêle jeune fille qu’il avait connue.
    
    Déjà, en passant la porte du salon qu’il croyait bien connaître, il avait eu l’impression d’entrer dans un lupanar exotique des années trente et non dans un salon de coiffure. Il n’y était pas revenu depuis au moins dix ans. Tout le décor avait été changé.
    
    Prenant enfin conscience que cette furie est bien Maxence-Maximilienne, Albert se plonge dans une revue, espérant que d’autres clients seront plus pressés que lui.
    
    Faut dire qu’Albert n’est pas ce que l’on peut appeler un athlète, du haut de son mètre soixante-cinq, il ne domine plus personne. Pas bien épais non plus, il sent qu’il ne fera pas le poids, mieux vaut attendre qu’elle se calme. Max semble ne pas le reconnaître, tant mieux, ou tant pis. À l’époque, il avait une petite moustache qu’il a coupée pour se rajeunir quand elle a commencé à blanchir.
    
    Quand c’était lui qui était aux ciseaux, le client bien enfoncé sur sa chaise, il pouvait le voir de haut. C’était lui qui dominait, il avait tous les pouvoirs.
    
    « Ah ! C’était le bon temps », pense-t-il avec nostalgie :
    
    — Mes chéris, à qui le tour ?
    
    Albert sursaute une nouvelle fois, en ...
    ... entendant la voix de Max qui le tire de sa rêverie.
    
    Pourquoi se précipiter ? Il a le temps. Prenant plaisir à admirer les photos qui décorent les murs, il aime les comparer avec l’original qu’il a sous les yeux. De là où il est, il a une vue imprenable sur son postérieur chaque fois qu’elle se penche. Autant en profiter ! Redoutant sa réaction, il espère seulement qu’elle ne s’en apercevra pas, il n’a pas envie d’être traité de macho.
    
    Alors qu’un éphèbe, qui depuis son arrivée n’arrête pas de plonger son regard dans le corsage de la belle coiffeuse, prend place, Albert retourne à ses souvenirs.
    
    Perdu dans ses pensées, Albert suit Max des yeux. Les clients défilent. La coupe terminée, avant de passer au suivant, Max donne un coup de balai rapide autour du siège et chasse avec une serviette les derniers cheveux sur le fauteuil.
    
    Elle se tourne vers Albert. Elle semble enfin le reconnaître :
    
    — Albert, c’est à toi, ne te fais pas prier ! lui lance-t-elle avec un grand sourire.
    
    Il se lève un peu penaud, sous le regard étonné des autres clients. La discrétion n’est pas la première qualité de Max, tout le monde peut l’entendre :
    
    — T’as pas changé. Heureuse de te revoir, malgré tes cheveux blancs, toujours bel homme, lui dit-elle en déposant deux grosses bises sur ses joues.
    — Alors, on te fait des misères ? faisant allusion à son entrée en matière.
    — Ne m’en parle pas, un vrai con. Ce n’est pas toi qui m’aurais parlé comme ça. T’es un prince.
    
    Là, c’est trop, ...
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