1. Salon de coiffure pour hommes


    Datte: 28/04/2026, Catégories: #collaboratif, fh, coiffure, Auteur: ClubAA, Source: Revebebe

    Un petit défaut d’élocution dans sa tendre enfance. Un léger zozotement que Maxence-Maximilienne de Saint Preux avait réussi à faire disparaître, à force de séances chez un orthophoniste. Elle s’était d’ailleurs amusée de cette petite ironie du sort en ouvrant son salon de coiffure. Une coiffeuse avec unzeveu sur la langue aurait pu faire sourire. Jusqu’ici, les hommes s’étaient plutôt intéressés à la pilosité de son pubis. Se seraient-ils moqués duzeveu sur sa langue de leur coiffeuse ?
    
    Le tout était surtout de ne pas avoir de poil dans la main pour faire en sorte que son salon attire une certaine clientèle. Max ne dédaignait pas l’argent et appréciait les généreux pourboires. Elle ne rechignait pas non plus à s’offrir à ceux de ses clients qui lui plaisaient assez pour l’émouvoir. La jeune femme aimait les plaisirs amoureux et avait jeté bien des tabous dans le feu de ses passions.
    
    Maxence-Maximilienne était fille de parents assez amoureux pour forniquer le temps d’une procréation dont ils ne voulaient pas. Il y avait donc eu mariage. Sa mère, Églantine, bourgeoise et bigote désœuvrée autant que névrosée, sombrait très vite dans une éternelle picole désabusée. Quant à son père, il s’était presque aussi vite désintéressé de sa fille que de sa femme. Edmond de Saint Preux pratiquait le boursicotage et aimait les courses de chevaux. Il soulevait également tout jupon croisant son chemin, à condition qu’ils abritent des blondeurs. Blond de blé, blond foncé ou décoloré, et ...
    ... le blond vénitien était toléré.
    
    — Les brunes comptent pour des prunes… aïe, aïe, aïe, aïe…
    
    Max en avait pris les blondes en grippe. D’autant qu’elle-même était brune et contente de l’être. Une brunette à la chevelure d’un noir d’encre de Chine.
    
    — … Et la Joconde à moins qu’on la tonde…
    
    La mère de Maxence-Maximilienne était blonde et avait les yeux bleus. Son père aurait pu incarner Ragnar Lodbrok dévastant un monastère dans la fameuse série Vikings. Max, elle, se serait plutôt vue dans le rôle de Shéhérazade. D’immenses yeux sombres aux reflets de nuit sans lune et un corps de méditerranéenne pulpeuse. Elle avait très vite compris qu’elle était attirante et pouvait faire de son image un atout. Son physique de bombe sexuelle lui ouvrait alors quelques portes et elle s’y engouffrait sans le moindre scrupule. Escort-girl, la bombasse badass s’était jetée dans les batailles d’un marché des sens en pleine expansion. Intelligente, charmeuse, elle faisait tourner bien des têtes. La sulfureuse call-girl se vendait sans compter, et apprenait à compter ce qu’elle avait gagné en monnayant ses charmes. À trente-deux ans, Max avait un joli petit pactole de côté.
    
    Un visage de Madone et un teint mat lui donnaient l’image d’une femme berbère mûrie par le soleil du désert. Des seins lourds et pleins comme des melons, des fesses superbes et un charme ravageur qui aurait pu faire d’elle une reine des harems d’antan.
    
    C’était d’ailleurs de harem qu’il fallait parler pour évoquer ...
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