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Deux en moins et deux en plus
Datte: 21/04/2026, Catégories: #historique, #personnages, ffh, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
... entendu des personnes parler d’un âne de Buridan. Je ne me suis pas trompée sur le nom ? Comme j’ai beaucoup lu durant les diverses campagnes afin de tuer le temps quand je ne tuais pas des ennemis, j’explique : — Non, tu ne te trompes pas : Jean Buridan a vécu, il y a deux centaines d’années. Commentant Aristote, il a plutôt parlé d’un chien qui est mort de faim et de soif, faute de choisir par quoi commencer. — Je pensais que c’était un âne. Louison et moi avons bien remarqué que vous hésitiez. Vous avez pu me tester. Que diriez-vous de le faire avec mon amie, si vous avez encore quelques forces ? Je ne m’attendais pas à ce genre de proposition, mais je ne dirais pas non… — Si Louison le souhaite… Celle-ci ne répond pas, mais elle ne proteste pas. Elle se laisse entraîner vers le lit où je suis toujours. Muguette en profite pour lui expliquer : — Et tu sais quoi ? Messire est opérationnel, mais il n’a plus les boursettes. — Les boursettes ? — Ben oui, les orphelines qui pendouillent. Louison ouvre de grands yeux ronds : — Ah bon !? — Ce qui signifie qu’on peut y aller de bon cœur, car on n’a rien à craindre ! — Euh, tu inclus qui dans ton « on » ? — Ne fais pas ta mijaurée, Louison ! Je constate avec plaisir que la brune me regarde à présent d’un œil intéressé… Louis de Manstrevent est un casse-pied, il faut toujours qu’il ramène ses grands principes, croyant détenir la Vérité vraie. Comme il commence à me chauffer les oreilles, sans ...
... toutefois hausser le ton, je réplique : — Manstrevent, qu’est-ce que ça peut vous faire que je vis avec mes deux maîtresses ? — Elles ne sont pas de notre monde, Escaurœult. — Je suppose que vous eussiez préféré que je débauche diverses femmes mariées ? C’est très à la mode dans notre monde. — Tout compte fait, ce serait préférable… J’affiche alors un large sourire : — Dans ce cas, puisque c’est préférable, je reconnais que votre délicieuse épouse est à mon goût. À ce propos, et si je délaissai mes servantes pour m’occuper comme il se doit de la ravissante mère de vos enfants ? Mon interlocuteur n’en revient pas de ma répartie, il finit par lâcher : — Vous vous gaussez, je suppose ! — J’avoue que l’idée est plaisante… Votre belle et titrée épouse vaut largement plus que deux servantes, n’est-ce pas ? — Vous osez comparez ma femme à vos… — J’ose et je persiste, Manstrevent. Qui sème le vent récolte la tempête ! — Peste soit mon patronyme ! Poings sur les hanches, provocateur, je demande : — Alors, Manstrevent, que préférez-vous : que je m’occupe de mes deux Damoiselles ou de votre divine épouse ? — Ni l’un ni l’autre, Escaurœult ! Laissez ma femme tranquille, délaissez vos maîtresses et trouvez-vous une femme digne de votre rang à épouser ! — Bonnes propositions, mais partiellement. Votre délicieuse épouse est assurément digne de mon rang. Merci de m’avoir soufflé cette idée ! Je vais de ce pas m’employer à séduire votre chère épouse pour mon plus ...