1. Deux en moins et deux en plus


    Datte: 21/04/2026, Catégories: #historique, #personnages, ffh, Auteur: Patrik, Source: Revebebe

    ... grand plaisir et celui de mon rang !
    
    Je m’éloigne en riant, laissant derrière moi mon interlocuteur totalement ébahi.
    
    Deux jours plus tard, dans l’après-midi, profitant du beau temps, je croise incidemment dans les jardins Madame de Manstrevent, une bien belle femme malgré les années qui passent cruellement. Me voyant, celle-ci s’approche de moi et attaque directement le vif du sujet :
    
    — Monsieur, quelle est donc cette idée saugrenue de vouloir me conquérir ?
    — Demandez à votre époux, Madame.
    — Je vois mal mon époux proposer à quiconque ce genre de défi…
    — Il parle souvent trop vite, ne faisant pas attention à certaines déductions et conclusions qu’on peut extraire de ses propos.
    
    À l’écoute de ma réponse, elle cligne des yeux (qu’elle a fort beaux) :
    
    — J’avoue qu’il lui arrive de parler plus vite que sa pensée.
    — C’est une belle façon de le dire, Madame. Pour remettre les événements à leur place, tout a commencé par le fait qu’il trouvait à redire au sujet de mes deux Damoiselles de compagnie.
    — « Damoiselles de compagnie », c’est aussi une belle façon de le dire, Messire…
    — Je sais qu’il existe d’autres mots, mais vos chastes oreilles ne les apprécieraient pas.
    — Je vous sais gré de cette douceur…
    
    Je fais un pas vers elle pour mieux me pencher (ce qui me permet de mieux voir son décolleté fort intéressant) et lui confier :
    
    — Pour tout vous avouer, Madame, j’ai un peu fait bisquer votre mari.
    — C’est bien ainsi que je le comprends. Remarquez, vous ...
    ... avez bien fait, car depuis votre « conversation », il me prête un peu plus d’attention qu’auparavant…
    — Un peu plus d’attention ? Mais, Madame, c’est nuit et jour qu’il devrait toujours vous prêter attention !
    — Vous exagérez !
    
    Ses joues rosissent un peu, elle suspend sa phrase, regardant autour d’elle, puis se penchant vers moi (ce qui me permet de mieux contempler son ravissant décolleté), elle murmure :
    
    — Puis-je vous demander un petit service, Monsieur ?
    — Dites, Madame…
    — Pourriez-vous faire semblant de maintenir vos dires durant encore quelque temps ?
    
    Je me mets à sourire largement :
    
    — Dois-je comprendre que vous appréciez l’attention renouvelée de votre mari ?
    — Oui, j’apprécie. Parfois, je craignais de ne plus être que la mère de ses héritiers.
    — Je comprends, Madame. Eh bien, faisons ainsi, ne détrompons point votre époux durant encore quelques jours.
    — Je vous remercie, Monsieur.
    
    Elle hésite un peu, puis elle se décide :
    
    — On me raconte que… que vous avez une haute opinion de moi…
    — J’ai en effet utilisé les termes ravissante, délicieuse et divine à votre égard, et je les pense sincèrement. Je ne renie rien.
    
    Elle rosit un peu :
    
    — Merci, Monsieur…
    
    Quelques instants plus tard, nous nous séparons, allant chacun de notre côté.
    
    Ayant eu vent de mon entrevue (tout se sait très vite à la Cour), assez inquiète, tandis que je suis en compagnie de mes deux maîtresses, la brune Louison demande :
    
    — Quoi donc avec Madame de Manstrevent ? ...
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