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Le Serpent - Chapitre 1
Datte: 15/04/2026, Catégories: Accouplements Erotiques, Auteur: Cobalt_Blues, Source: Literotica
... remerciement que l'état général de la maison ne méritait sans doute plus depuis quelques années. Face à elle, le père et la mère formaient à eux deux le portrait exact de ce que l'on pourrait se figurer d'un couple indien de la classe moyenne aisée. Petits tous les deux, la première un peu forte au visage rectangulaire portait un sari rouge et orange dans le dos duquel tombait la large tresse de ses cheveux grisonnants. Elle semblait perpétuellement préoccupée par quelque chose et sous ses airs innocents, dirigeait son foyer d'une poigne ferme comme le pilon d'un mortier. Le père portait dans sa moustache pointue les cheveux qu'il n'avait plus sur la tête. La rondeur de son visage répondait à celle de son bas-ventre qu'il balançait comme une planète au-dessus de ses deux jambes courtes et maigres. Il était doté de deux humeurs inverses : l'une aphasique, l'autre joviale. La première lui servait aux heures de concentration comme aux heures de fatigue et se caractérisait par ce que ses yeux pochés n'étaient ni fermés ni tout à fait ouverts derrière ses lunettes de métal. Il portait seconde aux moments de gaieté et de sagesse. Comme un objet de collection, il réservait ce caractère aux personnes de confiance et la sortait au moindre prétexte. Il ne s'agissait parfois que de déflagrations aussi frappantes que subites qui, comme un flash, avait le don de déstabiliser ses interlocuteurs. Et puis, le père replongeait aussitôt dans son humeur première. Il s'était avancé ...
... d'un pas nonchalant vers l'entrée de la maison, observant de son regard étroit une large craquelure du revêtement qui laissait voir les briques au-dessous. Il passa son court indexe contre le mortier à nu qui tombait en poussière en grommelant vaguement. - C'est un bien gros trou. Puis il se retourna vers le groupe avec un sourire facétieux, pointant du doigt l'épaisseur du revêtement bleu ciel qui faisait défaut par endroit : - Voyez cette peinture formidable : elle fait tenir les murs à elle seule. Cependant le chauffeur déchargeait les bagages, et la mère qui s'éventait pressa tout le monde de rentrer s'abriter du soleil. De sa seule main libre, Rani saisi une énorme valise qu'elle tira derrière elle en les guidant vers l'entrée. On franchit la haute porte de bois massif et pénétra l'antique demeure assombrie par les couleurs marrons des murs et du carrelage suranné. L'intérieur de la maison était fait de pièces spacieuses encombrées de meubles vétustes et de vitrines où s'entassaient des collections de byblos parfois assez laids. Cela sentait la poussière, le vieux verni et l'encens. On fit le tour d'un grand salon où trônait un vénérable téléviseur cathodique entouré de grands fauteuils élimés. Tout dans cette maison semblait désuet, comme fixé dans une époque datant de quelques décennies. Et pourtant cela restait propre : par le travail forcené de la servante les napperons de dentelle et les lourds rideaux de velours étaient dépoussiérés régulièrement, ...