1. L'âme du cerisier


    Datte: 12/04/2026, Catégories: nonéro, fh, amour, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... doucement à la regarder.
    
    — Tu savais que ça allait me dévaster, n’est-ce pas ?
    
    Il hocha la tête, son expression empreinte de regret.
    
    — Oui. Mais je devais te le dire. Je ne voulais pas te mentir.
    
    Elle inspira profondément, essuyant rapidement une larme sur sa joue.
    
    — Romain… je t’aime.
    
    Il sembla figé, surpris par ses mots.
    
    — Et je veux être là. Avec toi. Pas à pleurer ce qui arrivera. Mais à vivre, avec toi, chaque instant que nous pourrons partager.
    
    Romain ouvrit la bouche pour parler, mais aucun mot ne vint. Alors, il se contenta de la prendre dans ses bras, la serrant contre lui. Maryse ferma les yeux. Dans cette étreinte, elle sentit la peur s’éloigner un peu, remplacée par une chaleur partagée. Ils restèrent ainsi, dans le silence de la nuit, le bruit lointain de la ville comme un écho de leur propre fragilité. Pour la première fois, Maryse comprit qu’il ne s’agissait pas de fuir ou d’oublier, mais de se battre pour chaque moment, ensemble.
    
    Cinq années étaient passées…
    
    Maryse, désormais apaisée, se tenait dans sa cuisine, une fine couche de farine sur les mains, tandis qu’Élise, une fillette handicapée aux cheveux bruns coupés au carré, manipulait avec maladresse la pâte à tarte sous son regard attentif. Les gestes étaient imprécis et incertains. Elle ne disait rien, elle savait que chaque mouvement comptait.
    
    — Continue comme ça, Élise, tu vois ? Tes mains fabriquent la pâte de la tarte que nous allons bientôt manger ensemble… grâce à ...
    ... toi.
    
    À la table, Zoé, une petite fille dyslexique, butait sur un mot en lisant à haute voix.
    
    — Regarde bien l’ordre des lettres, essaie encore. Oui, c’est ça, bravo, c’est super, l’encouragea-t-elle doucement, d’un ton calme et chaleureux.
    
    Dehors, son fils Romain jouait dans le jardin avec Alba, une petite fille autiste. L’enfant, souvent enfermée dans son propre monde, était étrangement détendue aujourd’hui. Ils se tenaient tous deux sous le cerisier en fleurs, dont les pétales s’éparpillaient sous une brise légère.
    
    Le carillon de la porte d’entrée retentit. Elle s’essuya les mains avec un torchon et s’approcha d’Élise.
    
    — Tu veux bien garder un œil sur Zoé pendant que je vais ouvrir ? C’est toi la grande, je compte sur toi.
    
    La fillette se redressa sur son fauteuil roulant, un grand sourire aux lèvres, en hochant la tête. Un mouvement fluide, bien coordonné qui lui réchauffa le cœur.
    
    Elle alla accueillir la mère d’Alba qui attendait sur le perron.
    
    — Votre fille et mon fils sont dans le jardin. Alba a passé une bonne journée. Elle a manifesté de l’intérêt et même de la curiosité… Allons la chercher.
    
    Quand elles arrivèrent au jardin, un tableau étonnant s’offrit à elles. Romain tenait une poignée de pétales blancs tombés au sol. Avec une patience qui lui rappelait son père, il s’agenouilla devant Alba et lui dit doucement :
    
    — Essaie, regarde, c’est facile.
    
    Hésitante, la petite fille tendit la main et attrapa quelques pétales. Ses gestes étaient ...