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Et si c’était possible !
Datte: 09/04/2026, Catégories: nonéro, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
... s’apprêtait au pire, le battant en bois contre lequel elle s’était adossée s’ouvrit et elle fut brusquement tirée en arrière. L’esprit obstrué par la stupeur, elle entendit vaguement la cavalcade et les jurons provenant de l’extérieur, s’approcher puis s’éloigner avant de se perdre au loin. Sauvée, elle était sauvée ! Elle trembla rétrospectivement de peur en pensant que si elle était restée dehors quelques secondes de plus, Dieu seul savait ce qu’elle aurait dû endurer. Comment était-elle arrivée là ? se demanda-t-elle brusquement, en se retournant vivement. Lorsqu’elle la vit, le visage découvert, elle sut qu’elle était en présence d’une femme de l’autre clan. Instinctivement, son sang ne fit qu’un tour. Tous ses muscles se contractèrent, son corps fléchit, ses poings se serrèrent, prête à fondre sur son adversaire. L’attitude pacifique qu’affichait l’inconnue, la stoppa net dans son élan. Elle l’examina avec défiance. Depuis toujours, elle considérait tous les membres du clan ennemi sans exception, comme des êtres abominables, de la pire engeance qu’il soit, dont il fallait absolument se libérer. Mais celle qui se tenait paisiblement face à elle, la faisait douter. Elle avait beau chercher, elle ne détectait aucune hostilité. Plus troublant encore, mis à part l’absence de voile et les vêtements de coupe moderne, rien ne semblait la distinguer d’elle. Son hôtesse était de jolie constitution, avait la peau mate, de grands yeux noirs, de longs cils recourbés ...
... surplombant deux pommettes hautes, un nez aquilin, une longue et épaisse chevelure châtain foncé légèrement frisée aux reflets auburn et des lèvres bien dessinées qu’étirait un sourire amical. Ses mouvements étaient souples et harmonieux, ses gestes gracieux. Elle était plutôt séduisante… enfin avenante pour une femme de l’autre clan, se surprit-elle à penser. Pour un peu, elle l’aurait prise pour l’une des leurs. Cette femme qui semblait inoffensive, sans animosité aucune, ne correspondait absolument pas à l’image qu’elle s’était faite de celles qu’elle avait toujours diabolisées ! Elle ne pouvait dire si cette constatation la soulageait ou au contraire, la perturbait. Se pourrait-il que tout ce qu’elle pensait savoir sur l’autre clan, soit inexact, le résultat de l’endoctrinement militant ? Tout lui paraissait simple et dans l’ordre des choses lorsqu’elle était dehors : elle courait pour sa survie et sa haine envers l’autre clan lui donnait une raison d’exister. Mais depuis qu’elle avait trouvé refuge dans cette demeure, tout lui semblait confus, embrouillé, inextricable. Des pensées incongrues, pour ne pas dire interdites, se bousculaient dans son esprit à lui donner la migraine. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait, ni ce qu’elle ressentait. Elle ne savait plus comment se comporter, ni quoi penser. — Comment t’appelles-tu ? Sur le coup, elle ne comprit pas l’espèce de charabia aux intonations rauques qui lui parvenaient aux oreilles. Des nomades de toutes ...