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Et si c’était possible !
Datte: 09/04/2026, Catégories: nonéro, Auteur: Maryse, Source: Revebebe
Poursuivie par des soldats de l’autre clan, elle détalait aussi vite qu’elle le pouvait en faisant appel à toutes ses forces pour les distancer et leur échapper. Entraînés à maintenir l’ordre, d’une poigne de fer et encouragés à punir implacablement la moindre incartade, les militaires se montraient particulièrement durs et inflexibles envers les siens. Il valait mieux ne pas avoir affaire à eux lorsqu’on appartenait à sa communauté. Beaucoup les redoutaient. Mais pas elle. Elle les haïssait bien plus qu’elle ne les craignait ! Elle préférait mourir plutôt que de tomber entre leurs mains. Elle foulait le sol à toute allure, trébuchant dangereusement sur les gravats que ses sandales de cuir heurtaient malencontreusement. Elle scrutait devant elle, la route défoncée pour éviter les ornières profondes qui, si jamais elle avait le malheur d’y mettre un pied, lui auraient tordu la cheville en mettant un terme dramatique à sa fuite désespérée. La manche de sa tunique ornée du « tatreez », la broderie traditionnelle de son clan qu’elle arborait avec fierté, était arrachée, dénudant son épaule. Le «shambar », le voile assorti qui d’ordinaire lui recouvrait la tête, le cou et les épaules, avait glissé laissant son visage découvert. Mais l’heure n’était pas à la pudeur ! Elle ne pouvait pas se permettre de ralentir. Lancée en pleine course, elle poussait son corps au-delà de ses limites en priant le ciel de lui venir en aide et de faire en sorte que ses efforts acharnés ...
... soient couronnés de succès. Elle avait les poumons en feu et la respiration sifflante. L’angoisse d’être rattrapée lui serrait le ventre. Elle devait s’accrocher, persévérer, tout mettre en œuvre pour se tirer du terrible guêpier dans lequel elle s’était inconsidérément fourrée. Elle ne pouvait compter que sur elle-même pour s’en sortir. Les habitants de ce quartier étaient de l’autre clan et personne ne lèverait le petit doigt pour lui prêter main-forte, bien au contraire. Pourquoi s’était-elle risquée à prendre ce raccourci, se maudit-elle intérieurement. Dès qu’elle avait été arrêtée, elle avait su que le contrôle d’identité dégênerait. Quelque chose dans l’attitude des hommes qui l’entouraient, l’avait alertée. La lueur inquiétante qu’elle avait décelée dans leurs yeux, sûrement. Et lorsqu’ils avaient voulu procéder à une fouille corporelle, elle avait immédiatement éventé leurs véritables intentions. Les sales chiens ! La terreur et le dégoût l’avaient transformée en furie et avaient décuplé ses forces. Elle s’était arrachée de leur emprise en ruant violemment dans tous les sens, lançant des coups de poing et des coups de pied féroces avant de s’enfuir en hurlant comme si elle avait le diable aux trousses. Elle devait trouver rapidement un endroit pour se cacher. Pour le moment, elle ne pouvait qu’espérer que ses agresseurs ne lui tirent pas dessus. Pour sûr, ils préféraient l’attraper vivante afin de lui infliger les sévices qu’ils avaient la réputation de faire ...