1. Garimpeiros


    Datte: 06/04/2026, Catégories: #aventure, amour, Auteur: Someone Else, Source: Revebebe

    ... côtés.
    
    — Pendant que j’y suis, Claudia, je voulais te dire un truc : imaginons, j’ai bien dit imaginons, que demain je trouve une grosse pépite qui me permette de quitter ce trou, est-ce que tu viendrais avec moi ?
    
    Elle sourit.
    
    — Pourquoi ? Parce que tu en as trouvé une ?
    — Dis donc pas de bêtises… Ce n’est un secret pour personne, j’en remonte une de temps en temps, mais si tu comptes sur cela pour partir en France, j’aime mieux te dire que ce sera en auto-stop et à la nage.
    
    Elle se marre puis semble songeuse un instant.
    
    — Franchement ? Je sais pas. Si t’avais décroché le pactole, je ne dis pas, peut-être, mais je n’en suis même pas sûre.
    — Et pourquoi ?
    — Compliqué… Tu sais, même si ce n’est pas par plaisir, je fais le tapin depuis mes quatorze ans, je n’ai jamais connu que ça, mais cela m’a toujours permis d’avoir de quoi manger et un toit sur ma tête, le tout sans jamais avoir de merci à dire à personne. Quand tu sais de où je viens, je t’assure que c’est précieux…
    
    Elle marque une pause :
    
    — … et quels que soient les sentiments que je pourrais avoir pour toi ou pour un autre, je ne sais pas si je parviendrais un jour à être la femme d’un seul homme. Cela dit, reviens me voir lorsque tu l’auras enfin trouvée, cette foutue pépite… Et en attendant, viens donc me lécher la chatte.
    — Ah bon ? Et pourquoi ?
    — D’abord, parce que j’en ai envie. Et puis, ça m’évitera d’entendre tes conneries…
    
    Tandis qu’encore une fois le temps passe, les choses se ...
    ... décantent. J’ai pris le bus pour me rendre à Manaus et j’y ai ouvert un compte en banque comme on le ferait chez nous. Miguel s’est servi de son petit service de livraison personnel et, au final, a fait transférer quelque chose comme l’équivalent de trente ou quarante mille euros actuels, soit à peu près le tiers de ce que j’ai dans ses coffres et que j’ai réussi à amasser. Le reste suivra, mais je préfère suivre ses conseils : si je passe un peu trop ma vie chez lui, cela va sans doute donner quelques idées à certains qui auront peut-être, entre autres, envie de me suivre jusqu’à la ville pour savoir ce que j’y fabrique.
    
    Pour Claudia, rien ne change : je lui ai simplement dit que si d’aventure je trouvais cette foutue pépite, il n’est pas impossible qu’elle ne trouve qu’un mot dans le genre « adieu » à la cabane, mais qu’elle devra comprendre que ce ne sera pour elle que le signal qu’elle doit me rejoindre discrètement à Manaus dans un hôtel où je l’attendrais pendant une semaine. Passé ce délai, je m’envolerai direction la France, avec ou sans elle, ce sera à elle de décider.
    
    Mais, dans cette histoire, il a été dit quelque part qu’il devait forcément y avoir un os – ou plutôt deux, en fait – dans la moulinette, et le premier de ces os, il a la forme d’une petite dizaine de pépites de belle taille, certaines plus grosses que toutes celles que j’ai pu remonter jusque-là. Et après celles-là, il y en a d’autres… Et puis d’autres encore…
    
    L’autre, c’est Claudia qui se pointe, ...