1. Amour, gloire et beauté


    Datte: 03/04/2026, Catégories: #nonérotique, Auteur: Pitziputz, Source: Revebebe

    ... de justesse de se reprendre des mois de cabane, quand il tomba sur une nouvelle déclinaison vieille d’une dizaine d’années de «Maman te cherche » sur les réseaux.
    
    Maman s’appelait Daphné, vivait aux Avenchets et serait son sésame pour ouvrir les bras de Méguy.
    
    Thomas avait tout bien étudié. C’était simple comme bonjour. Daphné et son fils Thomas s’étaient foutus dessus, Thomas s’était barré en Colombie et avait disparu. Daphné désespérée le cherchait urbi et orbi.
    
    Par bol, Daphné avait posté des photos de son rejeton un peu partout et, s’ils ne se ressemblaient pas trait pour trait, Thomas le vrai et Thomas le faux avaient au moins la même carrure. Le reste, ça s’arrangeait.
    
    Thomas étira une dernière fois le bas de son dos. Normal au fond qu’il ait mal : il prenait treize ans d’un coup.
    
    — Madame, il y a de nouveau un homme à la porte qui prétend être Thomas. Je le chasse ?
    
    Daphné leva les yeux de son journal. Voilà bien cinq ans que cela n’était plus arrivé. Et si…
    
    — Non, Clément, laisse-moi le voir…
    
    Le vieux majordome à qui rien n’échappait depuis toujours essaya de la dissuader, mais sans succès. Il soupira. C’était reparti.
    
    En entendant le bruit claudicant d’une canne dans le couloir, Thomas se dit qu’il était vraiment un crétin. Il avait préparé toutes sortes d’arguments et répété le scénario mille fois, mais il n’avait pas du tout réfléchi à la première rencontre. Si ça partait en couille, adieu veaux, vaches, cochons, couvée.
    
    La porte du ...
    ... vestibule s’ouvrit : putain, elle ressemblait à sa folle de mère…, du moins le souvenir vague qu’il en avait. Elle le dévisagea quelques longues secondes.
    
    — Thomas ?
    — Oui !
    
    Facile !
    
    Sans un mot elle l’invita à entrer.
    
    — Allons dans le salon.
    
    Il acquiesça et marcha à ses côtés d’un pas assuré, comme s’il savait où il allait.
    
    Alors, il lui raconta la Colombie, les FARC qui l’ont enlevé, ouais comme machine Betancourt.
    
    — Pis j’me suis fait la malle, pieds nus, et j’ai couru tout droit. Suis resté dans la forêt des années au milieu des Indiens d’Amazonie. J’ai vécu à poil avec juste un pagne et une sarbacane.
    
    Il s’enflammait le bougre. Il y croyait à son histoire.
    
    — Tu parles couramment espagnol alors ?
    
    Merde, celle-là, il l’avait pas vu venir.
    
    — Ouais, mais pas vraiment pasqu’y parlent un dialecte…J’connais pas le nom, mais les mots oui. Après y a eu l’amnésie.
    — L’amnésie ?
    — C’est compliqué. Les FARC m’ont retrouvé et m’ont tapé de dessus, mais pas juste comme ça, ils m’ont défoncé la gueule. Je m’suis retrouvé à l’hosto. Mon visage était détruit et le pire, c’est que je ne me souvenais de rien.
    — Ouh là ! Et la mémoire t’est revenue ?
    — Oui, petit à petit, depuis quelques mois. Pas tout, y a encore des tas de trous, mais je me souviens de l’essentiel.
    
    Le sourire qu’il lui lança. Il était trop fier. Il aurait pu avoir le César.
    
    Ils parlèrent beaucoup. Elle lui servit à boire et à manger. Elle lui raconta des trucs de son enfance qu’il ...