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Amour, gloire et beauté
Datte: 03/04/2026, Catégories: #nonérotique, Auteur: Pitziputz, Source: Revebebe
... levé sur lui d’intenses yeux verts. Sa peau devait être laiteuse, mais elle était recouverte de dessins. — Y a plus de Maykel ici. Déception ! — Vous lui voulez quoi parce que, si c’est pour finir une compo, je peux m’en charger. Il l’avait regardée d’un air un peu ahuri. — Ben j’sais pas… — Vous savez pas quoi ? Elle avait un sourire un peu moqueur et une tignasse un peu orange. De près, ses yeux paraissaient très écartés. — Pardon, a-t-il dit, je ne voulais pas vous déranger. Il s’apprêtait à tourner les talons quand la fille l’arrêta et lui répéta : — Vous savez pas quoi ? — Je sais pas pourquoi je suis là et encore moins si j’ai un tatouage à finir. — Ben y a plus qu’à vérifier, avait rétorqué une Méguy goguenarde du tac au tac. Il n’en avait aucun en début de soirée et, au petit matin, une petite demi-ancre prête à devenir grande. Méguy était tatoueuse et danseuse et vendeuse de babioles et sniffeuse de coke. Elle avait les cheveux drus et la bouche trop grande. Ses yeux n’étaient en définitive pas verts, mais bruns et le vert était celui de son fard à paupières qui soulignait les poches qui s’étaient formées sous ses yeux après la nuit qu’ils venaient de passer à boire, fumer et parler. Il s’occupa d’elle ; s’occupait d’elle. Son activité de tatoueuse dura les quelques jours que mit son patron à comprendre qu’elle ne savait dessiner que les ancres de bateau et même pas en entier. Elle était sa princesse, sa reine, sa compagne, ...
... l’amour de sa vie. Et puis, un matin, alors qu’il ouvrait difficilement les yeux après une nuit d’amour et d’alcool, elle lui tomba sur le poil. — On galère trop… T’es pas utile comme mec… — Mais… Y avait pas de mais ! Alors, il se décarcassa et tomba entre les pattes du Grand Gueulard. Comme tout le monde, il se faisait gueuler dessus et le caïd ne s’arrêta pas, même pour le disculper. Au contraire. Il se prit vingt-quatre mois sans sursis. Méguy ne l’attendait pas à la sortie. Il la retrouva dans les bras d’une grande gigue, bien fringuée. Elle n’était même plus rousse. Il aurait pu lâcher l’affaire, mais, comme un grand con, se mit en tête de la reconquérir. Une petite annonce dans les dernières pages d’un quotidien aux nouvelles plus très fraîches attira son attention. Thomas Ménétrier, ta mère te cherche. On va tout réparer ! Il aurait bien aimé avoir une mère qui voulait tout réparer, mais c’était irréparable et Thomas n’était que son deuxième prénom. Alors, il se renseigna. Des Thomas Ménétrier, il en trouva trois dans le bottin. Le premier était professeur des écoles et très actif sur Instagram ; un autre était dentiste et très actif sur LinkedIn, et enfin, le dernier n’était rien ou en tout cas rien qui sautait aux yeux. «Lequel de vous est recherché par sa daronne, hein ? » Thomas, le nôtre, se prit au jeu de la farfouille sur internet et ouvrit toutes les poubelles virtuelles. Il venait d’essayer d’arnaquer le professeur, et avait évité ...