1. Amour, gloire et beauté


    Datte: 03/04/2026, Catégories: #nonérotique, Auteur: Pitziputz, Source: Revebebe

    Thomas Ménétrier s’assit lourdement sur le tabouret de bar et compta rapidement les pièces qu’il avait dans la poche. Il avait tout juste assez pour un café ou un pastis.
    
    — Mademoiselle, y a-t-il moyen que je charge mon portable ? s’enquit-il auprès de la tenancière qui n’était pas si jeune.
    — Y a une prise derrière vous. Servez-vous.
    
    Tout en sirotant la boisson anisée, il parcourut les petites annonces glanées çà et là dans les supermarchés. Il lui fallait tenir quelques jours, juste le temps de recevoir le chèque que Ludo lui devait et après ? Après, on verra. À chaque jour suffit sa peine.
    
    — Vous êtes de passage dans la région ?
    — Ouais, je cherche du boulot.
    — Quel genre ?
    — Tout ! Construction, agricole… tout quoi.
    
    La femme hocha avec un « Mmm ».
    
    — Z’avez essayé au Domaine ? Ils cherchent toujours du monde.
    — Le Domaine ?
    — Oui, aux Avenchets… Y a de quoi faire là-bas. Vous faisiez quoi avant ?
    — Bah… J’ai pas mal bourlingué, ici et là. J’étais à l’étranger.
    
    Cécile, c’était son nom, s’arrêta d’essuyer le verre qu’elle tenait.
    
    — Taule ? Légion ? Autre ?
    
    Il réfléchit une fraction de seconde.
    
    — Autre !
    
    La légion c’était tentant, mais trop gros. Et ses années de taule, il préférait les garder pour lui.
    
    — J’sais plus trop. J’ai des trous de mémoire.
    — Comme une amnésie ?
    — Ouais, comme une amnésie.
    
    La serveuse le regarda en coin.
    
    — Vous avez eu un accident ?
    
    Fallait bien une explication.
    
    — Il paraît. Ça fait partie des ...
    ... trucs que j’ai oubliés.
    — Vot’ nom, vous le savez au moins ou ça aussi vous ne vous en souvenez plus ?
    
    Elle s’esclaffa.
    
    — J’m’appelle Ménétrier.
    
    Il ne lui dit pas qu’il avait intercepté le courrier d’une banque destiné à un homonyme et qu’il avait essayé de retirer le fric.
    
    — Ménétrier, comme la dame des Avenchets ? Vous êtes de la famille ?
    
    C’était la question de trop. Il fit un vague geste de la tête qui pouvait vouloir tout dire, posa ses pièces sur le comptoir et se leva.
    
    Une fois dehors, il s’étira. Toujours ce foutu bas du dos… Il fallait qu’il tienne encore un peu. Il huma l’air du sud et entreprit de traverser le village.
    
    Son esprit vagabonda et, comme à chaque fois qu’il le laissait faire, il pensait à Méguy.
    
    Son amnésie, c’était vrai, mais c’était il y a longtemps. Il s’était réveillé la gueule cassée en plein cœur de la capitale, le cerveau au ralenti et du vomi plein les lèvres.
    
    C’était il y avait au moins cinq ans.
    
    Au début, il avait essayé de se souvenir et erré dans les rues à la recherche d’un endroit familier. Il avait marché longtemps. Il n’avait rien dans les poches à part cette carte de visite d’un tatoueur, un gars qui s’appelait Maykel. Ce n’était pas qu’il s’en souvenait, mais son nom était écrit au dos de la carte et aussi « lundi 23 avril ».
    
    Le studio était au fond d’une ruelle, à l’étage inférieur d’un immeuble sans aucun intérêt architectural.
    
    — Je peux vous aider ?
    — Oui, je cherche Maykel…
    
    La jeune femme avait ...
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