1. Imbroglio


    Datte: 26/03/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... PPK de la boîte à gants à sous le siège, près de mes pieds. Dès que ce fut possible, je m’arrêtais sur le bord de la route. La BMW arriva au bout de trente secondes et se gara derrière moi. Je me saisis de mon pistolet à mes pieds et le reposais aussitôt en reconnaissant Renata Von Hasselbach. Elle portait un long manteau, le genre psychédélique, à poils longs. Une pièce de créateur qui valait certainement le prix de la moitié de son automobile, ouverte sur une hallucinante mini-jupe et des cuissardes blanches, le tout très sixties, donc. Ce fut un spectacle hors du commun pour un brave homme passant par-là, qui faillit mettre son Opel dans le décor à sa vue. Mes activités habituelles font que je penche plutôt pour la discrétion. Là, c’était une réussite.
    
    Elle s’approcha de mon Audi, je baissais ma vitre :
    
    — Connaissez-vous le restaurant Stucki à Bâle ? demanda-t-elle.
    — Je vous suis, passez devant.
    
    Au moins, je ne déjeunerais pas en tête-à-tête avec moi-même…
    
    Installées face à face, je lui dis :
    
    — Nous sommes dans la ville où à l’origine, au XV siècle, les usuriers prêtaient de l’or aux rois et aux empereurs. Depuis, toute la Suisse s’est spécialisée dans ces affaires. Vous auriez aimé vivre à la Renaissance, Mademoiselle Von Hasselbach ?
    — Oui, peut-être, mais plus à Venise ou à Florence qu’en Suisse ou en Allemagne.
    — Bon, passons aux choses sérieuses, pourquoi me suivez-vous ?
    
    En apéritif, elle buvait un Dry-Martini à petites gorgées. Finalement, elle ...
    ... était très jolie. Les traits étaient bien dessinés, avaient du caractère et s’avéraient beaucoup plus intéressants que ceux de certaines beautés froides et lisses. Voilà, un visage qui avait de la chaleur, du chien. J’aurais pu facilement craquer pour une fille comme elle. Voire même tomber amoureuse. Mais hors de question, pas dans un merdier pareil. J’ai déjà donné en plus1.
    
    Elle prit un air décidé, comme si elle voulait absolument me convaincre de quelque chose dont j’avais besoin, mais j’avais besoin de plein de choses, sauf d’être convaincue. Merci, mais il s’agissait de tuer un tueur dont personne ne savait rien, à commencer par ses propres employeurs. Ajoutez-y la CIA, certainement le FSB russe, et la mayonnaise retomberait très vite. En plus, on me faisait honteusement chanter pour le faire. S’il fallait en plus que je sois convaincue, c’était la fin de tout.
    
    — Ce matin, Mademoiselle Beaumanoir, nous avons commencé une conversation que mon père a arrêtée de façon grotesque. Je vous ai suivie quand vous avez quitté le château. Et voilà !
    
    Et voilà… Et après ?
    
    — Évidemment, votre père ne sait pas que vous êtes là ?
    — Naturellement…
    — Parlez-moi de Karolina Kürschner, dis-je.
    — C’est la maîtresse de Reinhardt.
    — Ah oui ? Vraiment ? Pour ça, au moins, elle ne manque pas de courage…
    
    Elle partit d’un éclat de rire. C’était la première fois que je la voyais rire, et même sourire. Son visage était encore plus beau ainsi.
    
    — C’est vrai. Mais elle est aussi ...