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Imbroglio
Datte: 26/03/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... faisait le service. Apparemment, il m’aurait bien renversé le plat de saumon sur la tête, mais il s’abstenait. J’étais installé à la droite du Comte Graf Magnus Von Hasselbach, notre hôte, la place de choix donc. En face de moi trônait Mathias Reinhardt, avec à côté de lui son épouse Frau Ursula Reinhardt. Si Herr Reinhardt était gras et adipeux, son épouse Ursula était quasi obèse. Une énorme femme, certainement victime de la conception de la pâtisserie que se font les Allemands. Elle buvait le Riesling comme de l’eau, entre chaque bouchée de saumon. À côté, son mari mangeait un peu comme le font les cochons, goulûment. On dit que pour avoir une idée sur quelqu’un, il faut l’observer manger, en général, c’est parlant, parfois édifiant. Là, on était bien dans l’édifiant, dans le cas du couple Reinhardt. J’étais pleinement édifiée. Pour le saumon, ça allait encore, mais quand vint le plat, du poulet rôti avec des Knödels, ils se lâchèrent et ça en devint quasi intenable. Au bout de la table siégeait celle que le Comte avait présentée comme étant sa fille, et qui répondait au joli prénom de Renata. Renata Von Hasselbach avait un corps superbe, un corps de sportive, mince, élancé, mais tout en conservant ses rondeurs. De jolies jambes moulées dans un jean serré. Elle avait des cheveux blonds, des yeux bleus superbes, mais légèrement inquiets pendant qu’elle observait Frau Reinhardt déchiqueter une aile de poulet. Sa jolie bouche arguait un léger rictus de ...
... dégoût. Helmut, mon ami le Super-larbin, servit un Pinot Noir Haus Klosterberg, 2018, dans des verres gigantesques. Là, je fus moins convaincue. Cette fois, un vin français aurait mérité sa place. Je ne sais pas, un très bon Côtes du Rhône, pourquoi pas… Un Crozes Hermitage ou un Cairanne, par exemple. Enfin bref… Rien n’est parfait. La conversation, hormis nos considérations œnologiques avec le Comte était morne. Et visiblement, Renata, à qui avait échoué le rôle de maîtresse de maison, n’avait pas l’intention d’arranger les choses. Au moment du dessert, un Apfelkuchen(nous avions échappé à la forêt Noire), j’écoutais d’une oreille distraite, les considérations politico-économiques de ces messieurs. Je tombais de sommeil, la route depuis l’Ardèche m’avait un peu épuisée. Je repérais tout de même le regard insistant de Renata Von Hasselbach posé sur mon profil droit. À mon avis, c’est le gauche qui est le mieux, mais bon, tant pis. Peut-être voulait-elle me parler ? De quoi ? La nuit fut calme. Le lendemain matin, le café était bon, apporté dans ma chambre sur un plateau roulant, heureusement pas par mon pote Super-larbin(ouf, sa tronche dès le matin au réveil…), mais par une employée de maison, visiblement originaire des Philippines. Avec le café, il y avait de quoi nourrir une nageuse olympique de l’ex-Allemagne de l’Est pendant une semaine. Ce que je ne suis pas… Avec une deuxième tasse de café à la main, prise devant la fenêtre, je vis une silhouette qui s’approchait ...