1. Imbroglio


    Datte: 18/03/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe

    ... parking contre la portière de sa voiture fut plus chaud. Nous laissions nos mains s’égarer.
    
    — Je suis garée là-bas, je te suis ?
    
    En chemin, j’essayais de repérer une BMW conduite par une blonde néerlandaise, mais n’en vis aucune. Shadow était-elle toujours sur mes traces ? Si c’était le cas, je lui avais donné l’opportunité de jouer les voyeuses sur le parking. Cette idée m’amusa.
    
    Livia habitait un immeuble donnant sur le lac. Ça devenait une habitude chez mes amantes genevoises. Après Karolina, Livia. Nous fîmes l’amour sur son canapé avec la vue nocturne sur le lac éclairé par un joli clair de lune. Puis dans sa chambre, avant de nous endormir.
    
    Le lendemain matin, je fus réveillée par la paume de Livia qui me caressait la poitrine. Le soleil était levé sur le lac.
    
    — Désolée de te réveiller, mais je commence tôt le matin. Le boulot…
    — Pas de souci, j’ai connu des réveils moins agréables. J’ai de la route aussi, de toute manière.
    — J’ai tout de même le temps de nous préparer un petit-déjeuner, dit-elle en laissant sa main s’égarer sous le drap, sur mon ventre.
    
    L’intermède Livia avait été plus qu’agréable. Ce fut cent fois mieux qu’une nuit seule dans une chambre d’hôtel impersonnelle. Cette histoire, si elle était tordue, m’apportait au moins quelques satisfactions, Karolina, Livia, bientôt Renata, vraisemblablement.
    
    Avant de prendre la route, je m’accordais un dernier café dans un bar au bord du lac. L’occasion aussi de consulter les journaux sur ...
    ... internet. J’appris qu’un haut fonctionnaire allemand avait trouvé la mort lors d’une randonnée en Autriche. Le protecteur de Von Hasselbach, évidemment. Le grand ménage continuait.
    
    J’avais envie d’être de nouveau en Ardèche. Pour quoi faire au juste ? Je n’en avais pas la moindre idée. Il allait falloir que je me mette hors-circuit. Cette histoire devenait de plus en plus puante.
    
    J’appelais Renata :
    
    — Tu as des nouvelles de mon père ? me demanda-t-elle d’emblée.
    — Oui, et elles ne sont pas bonnes.
    
    Je lui expliquais toute l’affaire.
    
    — Je serai là en fin d’après-midi, terminais-je.
    
    Je mis un temps et ajoutais :
    
    — Et on fera longuement l’amour.
    — J’aime bien le coin où est ta maison. Je me suis baignée dans la rivière. L’eau est froide, mais c’est agréable.
    — D’accord, dis-je. À ce soir.
    
    Et je raccrochais.
    
    La veille au soir, j’ai ouvert l’enveloppe que m’avait donné Reinhardt avant de mourir. Elle contenait cinquante mille francs suisses. À peine le dixième de ce qui était prévu à l’origine. Mais cette origine était bien loin dorénavant. Ça devait être pour me remercier du déplacement.
    
    Peu importe, l’essentiel était maintenant de se mettre à l’abri et de laisser cette bande de tarés s’entre-tuer. Pendant ce temps-là, Renata Von Hasselbach m’accompagnerait dans de longues promenades ardéchoises. Peut-être qu’on se baignerait dans la rivière à nouveau. D’ici quelque temps, cette affaire serait réglée, avec un peu de chance. Vraisemblablement par les ...
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