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Imbroglio
Datte: 18/03/2026, Catégories: #policier, Auteur: Laetitia, Source: Revebebe
... elle était obligée et d’utiliser ma Land Rover, si c’était le cas. Et bien sûr de ne téléphoner à personne et surtout pas à son père, et accessoirement, pendant qu’on y était, de ne pas utiliser sa, ou ses cartes de crédit. Ce n’était peut-être pas très futé de l’envoyer chez moi, les gens du groupe connaissaient l’endroit, Shadow aussi peut-être. Certainement, même. Mais là, je n’avais pas d’autre solution réelle. Je pariais sur le fait que l’ennemi ne supposerait jamais que Renata pouvait se trouver là où moi je ne pouvais pas être. De mon côté, je me rendais à Genève, où j’avais l’intention de me faire remarquer. Beaucoup de choses dans cette histoire tournaient autour de Genève. C’est là qu’habitait et œuvrait Karolina Kürschner, mais aussi Philippe Meir, l’intermédiaire plus que louche dans cette affaire. Ce n’est pas par hasard si j’avais donné rendez-vous à Reinhardt là-bas. Pendant que je me montrerais à Genève, Renata aurait le temps de rejoindre l’Ardèche tranquillement et, a priori, personne n’irait la chercher là-bas. oooOOOooo Genève, ville ambiguë, une sorte d’antithèse de la Suisse… De prime abord, la richesse suintait de partout. La Genève des boutiques de luxe, des villas sur le lac, des banques. À y regarder de plus près, on pouvait, avec l’autre grille de lecture, voir l’autre Genève, beaucoup plus baroque. Sous une sorte d’indolence parfaitement suisse, Genève avait un autre visage, une fois le masque tombé. Repère de truands, de barbouzes, de ...
... courtiers véreux et j’en passe. Renata devait avoir passé Lyon maintenant. Elle m’avait promis qu’elle roulerait sans s’arrêter et serait chez moi, dans la nuit. Une fois de plus, je me dis que ce n’était pas très malin de l’envoyer là-bas, à une adresse que l’ennemi connaissait. Un calcul loin d’être fort. Je me racontais des histoires pour me persuader. J’avais décidé de faire all-in sur Renata, sans forcément beaucoup d’illusions. Petites mises, petits gains. Ce n’était certainement pas avec de telles ruses, qu’on allait s’en sortir sans égratignures. Et en outre, je n’étais sûre en rien des véritables intentions de cette fille. Je roulais sur les quatre voies qui longeaient le lac, du côté du quartier de Bellevue. Je me dirigeais vers l’Auberge du Lion d’Or, où j’avais rendez-vous avec Reinhardt. C’est là que je repérais une BMW sombre qui me suivait. À presque vingt-et-une heures, la nuit commençait à tomber et j’eus du mal, entre chiens et loups, à me rendre compte s’il s’agissait de la même BMW qui nous avions aux basques avec Karolina, depuis l’Ardèche. Peut-être, peut-être pas… Bien entendu, il fallait que j’en aie le cœur net. Je fis passer le Walther PPK de la boite à gants au siège passager, puis je tournais sèchement à droite dans une petite rue déjà endormie, après avoir mis mon clignotant à gauche, bien sûr. J’éteignis mes phares et me garais au bord du trottoir derrière une camionnette. Le conducteur de la BMW ne s’y laissa pas prendre et je la vis arriver ...