1. Les retrouvailles


    Datte: 14/03/2026, Catégories: fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    Résumé des épisodes précédents :
    
    Plus elles avancent et plus la maison grossit. Les images dans la tête d’Agnès la ramènent au temps d’une jeunesse un peu perdue. Soudain, comme par magie, surgie de nulle part, une boule de poils roux vient au-devant des visiteuses. La brune sursaute à la vue de l’animal qui trottine gentiment, sans un bruit.
    
    — Ne t’inquiète pas Agnès ! C’est « Misaine », la petite chienne de Michel. Je crois qu’il aime plus les bêtes que les gens. Si elle est là, ça veut dire que Michel est dans les parages.
    — Tu es certaine qu’il n’est pas méchant… les petits roquets sont parfois les plus hargneux…
    — Ben non ! C’est un teckel et il ne jappe même pas… il a l’air tout content de nous voir. Un peu de compagnie quoi ! Il doit en avoir un peu marre de ne discuter qu’avec son maître…
    — Et les parents de Michel… où sont-ils ?
    — Là où Marc dort… au village… pour son père, je ne l’ai jamais connu, mais Maria sa mère est partie il y a quatre ou cinq ans… et lui s’est renfermé plus que jamais. On y va ? J’ose seulement espérer qu’il est bien luné…
    — À ce point ?
    — Oh, c’est bien pire parfois !
    — … ah bon ?
    
    Plus un mot. Mais Yolande se baisse, flatte l’encolure de la chienne qui semble apprécier la caresse. Et elle vient flairer l’étrangère qui accompagne celle que visiblement elle reconnaît.
    
    — Tout doux ma belle ! Cette dame, c’est une amie de ton patron ! Où est-il du reste celui-là ? Va lui dire que nous sommes là… et que la dame serait heureuse ...
    ... de… le revoir.
    
    La bestiole ne semble guère coopérative et reste scotchée aux mains qui la flattent. Et machinalement Agnès fléchit sur ses longues quilles, puis sa patte vient également se poser à plat sur le flanc de celle que Yolande prénomme « Misaine ». D’une voix douce, pour ne pas effaroucher la chienne, elle lui murmure deux ou trois mots.
    
    — Tout doux, Misaine, puisque c’est ton nom ! Tout doux ! Tu sens ma peur des toutous n’est-ce pas ? Alors ? Où est ton patron ? Eh ben… si tu n’aimes pas les câlins, tu le diras…
    
    Et l’animal pour toute réponse lèche ces doigts qui lissent son pelage ras. Aucune trace d’une animosité particulière dans ce mouvement de tendresse animale. Les deux femmes accroupies se redressent et d’un pas décidé, foncent vers le portillon de bois entrouvert qui masque un jardinet fleuri. Une allée faite de laves ou de pierres mal ajustées et au bout de celle-ci, une porte de chêne obstinément close. Cette fois, seule Yolande avance vers l’entrée. Elle cogne délicatement dans le panneau de bois, attendant ensuite que le propriétaire des lieux daigne venir ouvrir. Au bout d’une éternité de secondes, elle réitère ses petits coups. À ceux-là elle ajoute la voix !
    
    — Michel ! Michel, je sais que tu es là ! Viens m’ouvrir… j’ai une surprise pour toi ! Michel, arrête de faire ta tête de mule, bon sang, ouvre-moi !
    
    Rien d’autre que le silence et à quatre ou cinq mètres en retrait, la brune, figée et raide comme un piquet rentre la tête dans ses ...
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