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L'escalator
Datte: 08/03/2026, Catégories: #fanfiction, #horreur, #fantastique, Auteur: Brodsky, Source: Revebebe
... teinte violacée et maladive, traversé d’éclairs silencieux qui semblaient connecter des nuages aux formes tentaculaires. Face à moi s’étendait une cité cyclopéenne aux proportions gigantesques, dont l’architecture blasphématoire évoquait des civilisations antédiluviennes que nul esprit sain ne pouvait concevoir. Des bâtiments colossaux aux angles obtus et impossibles se dressaient vers le firmament tourmenté. Leurs surfaces étaient couvertes de bas-reliefs représentant des créatures dont la seule vue suffisait à provoquer une répulsion instinctive. J’étais perdu au cœur de rues qui grouillaient d’entités que je ne peux qualifier d’humaines, bien que certaines en arborassent une grossière parodie. Leurs mouvements saccadés et leurs proportions aberrantes trahissaient une nature profondément étrangère au monde que je connaissais. Ma cible s’était fondue dans cette masse abominable et hideuse. Je l’avais perdu de vue. Au loin, par-delà des eaux stagnantes d’une baie putride, je distinguai une masse sombre et palpitante qui semblait s’étendre à l’infini, se soulevant et s’abaissant comme sous l’effet d’une respiration titanesque. Ma raison vacilla devant ce spectacle inconcevable. Je tentai désespérément de faire demi-tour, mais l’escalier mécanique avait disparu, remplacé par un précipice vertigineux donnant sur un abîme sans fond. Un rire hystérique s’échappa de ma gorge, tandis que mes dernières bribes de santé mentale s’effilochaient comme un tissu usé. C’est ...
... alors que j’aperçus la créature. Tapie dans l’ombre d’un monolithe proche, sa masse informe semblait composée de chairs putréfiées et de substances visqueuses indéfinissables. Ses yeux innombrables me fixaient avec une intelligence malveillante et dépassant l’entendement humain ! Elle se déplaça vers moi avec une fluidité obscène pour une entité de cette taille. Je hurlai, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Mes membres tétanisés refusèrent de m’obéir lorsque les appendices visqueux du monstre s’enroulèrent autour de mes chevilles. La dernière image que ma conscience enregistra avant que je ne perde connaissance fut celle de sa gueule béante révélant un gouffre organique tapissé de plusieurs rangées de dents acérées. Une mélopée inhumaine résonnait dans mon crâne, scandant des syllabes ancestrales dont la prononciation même constituait un blasphème contre l’ordre naturel de l’univers. Dirigeant mon parapluie comme une arme dérisoire face à cette abomination, j’appuyais sur le bouton déclencheur censé propulser la bille empoisonnée… Lorsque je repris connaissance, j’étais assis sur un des sièges en plastique blanc de la station du RER. Sur le quai d’en face, un sans-abris semblait me fixer d’un regard sournois et malveillant. Je mis quelques minutes à sortir de mon hébétude, puis je me précipitai comme un fou en direction de la sortie. Dehors, la pluie fraîche qui tombait sans discontinuer me fit l’effet d’une douche bienfaisante. Au bord de la folie, mais conscient d’être ...