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L'escalator
Datte: 08/03/2026, Catégories: #fanfiction, #horreur, #fantastique, Auteur: Brodsky, Source: Revebebe
J’ai longtemps hésité à coucher sur papier le récit de mon effroyable expérience. Je n’écris pas ceci pour avertir l’humanité, ni même pour témoigner, j’ai bien compris que cela était inutile. Personne ne croit à mon histoire. Et de fait, elle est incroyable… Je me demande parfois si je possède encore toutes mes facultés mentales. Ce que j’ai vécu, ou rêvé, peu importe après tout, m’a laissé dans un état psychique totalement altéré. J’ai peur désormais. Peur du noir, peur du bruit, peur de la lumière, peur de regarder le ciel, peur d’être suivi, peur d’être à nouveau agrippé par cette « chose », peur d’être dévoré. Et surtout, j’ai désormais la phobie des escaliers… La peur ne faisait pourtant pas partie des sensations qui m’accompagnaient habituellement dans ma profession de tueur à gages. Oh, je sais que prétendre que cette activité est une « profession » fait sursauter bien des gens, et pourtant… Depuis que l’homme existe, l’assassinat a toujours été un commerce. Chaque état, chaque gouvernement, a eu ses tueurs, ses exécuteurs, ses spadassins. La branche « action » des services secrets de tous les pays n’est rien d’autre qu’une armée d’assassins payés par l’état ; des fonctionnaires en quelque sorte. Je faisais partie de cette confrérie occulte avant la suppression de la DGSE et ma mise à la retraite anticipée. Je me suis alors tourné vers le privé… C’est peu dire aujourd’hui que les firmes internationales ont acquis un pouvoir parfois bien supérieur à celui des ...
... états. Avec les mêmes fonctionnements dans bien des cas… Je travaillais donc en free-lance, vendant mon savoir-faire aux plus offrants. Et ce savoir-faire était immense… Ce soir-là, j’avais pris la cible en chasse alors qu’elle sortait d’un cinéma parisien. Nous étions au mois de novembre, il faisait froid, il pleuvait et les gens sortant de la séance se dépêchaient de rejoindre leur station de métro sans faire attention à qui que ce soit. L’homme que je suivais n’était pas accompagné et se dirigeait vers la station Charles de Gaulle afin de rentrer dans sa banlieue en RER. Le plan était simple : j’allais le suivre sans me faire remarquer jusqu’à ce qu’il rejoigne le quai de la gare souterraine. À cette heure tardive, les couloirs étaient peu fréquentés, et les usagers marchaient vite, les lieux étant propices à toutes sortes de mauvaises rencontres. J’avais prévu de l’exécuter dans un de ces couloirs déserts, via la méthode du parapluie bulgare de mes anciens confrères du KGB. Un tueur professionnel est comme un joueur d’échecs qui apprend à maîtriser ses ouvertures afin de s’adapter à chaque situation. Aux échecs, on parle d’ouvertures anglaises, italiennes ou espagnoles. Dans ma partie, on parlera de parapluie bulgare, d’étreinte corse, de valse viennoise ou de coup de Marseille. Il existe sans doute autant de façons d’envoyer « ad Patres » un pauvre bougre que de commencer une partie d’échecs. Le parapluie bulgare avait été utilisé pendant la Guerre Froide. Doté d’un ...