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L'escalator
Datte: 08/03/2026, Catégories: #fanfiction, #horreur, #fantastique, Auteur: Brodsky, Source: Revebebe
... dispositif à air comprimé, ledit parapluie projetait dans le corps de la victime un projectile sous forme de bille contenant de la ricine. Une méthode qui me permettrait d’agir discrètement sans être repéré par les badauds ou les caméras qui pullulaient désormais dans les couloirs du RER et du métro. À condition, bien sûr, de remplacer la ricine par un poison plus violent, qui n’attendrait pas le lendemain pour agir. Ma cible devait mourir dans un délai d’une à deux minutes après la « piqûre ». L’homme avait plusieurs mètres d’avance et marchait rapidement afin de se mettre au plus vite à l’abri des fines gouttelettes qui ne cessaient de tomber. Il s’engouffra dans la station, passa les portiques et continua dans les couloirs. Je le suivais sans précipitation. L’idée était d’arriver sur le quai quelques secondes après lui, de lui tirer discrètement dessus en faisant semblant de manier mon parapluie, puis de monter dans la rame qui passerait tandis que le poison serait en train de l’anéantir. Alors que je marchais dans les couloirs, je perçus que l’éclairage vacillait de façon anormale. Les néons émettaient une lueur verdâtre totalement inhabituelle. Mais je n’eus pas le temps d’étudier la question en profondeur, la cible ayant déjà rejoint l’escalator. Je pressai le pas… En posant le pied sur la première marche mobile, je ressentis une vibration subtile qui se propagea le long de ma colonne vertébrale. L’air devint subitement plus dense, plus humide, chargé ...
... d’effluves marins et d’une odeur âcre de décomposition que je ne pouvais associer à aucune substance connue. À mesure que l’escalator descendait, j’eus l’impression fugace que nous nous dirigions non pas vers les quais de la station, mais dans les entrailles de la Terre. Jamais auparavant je n’avais remarqué à quel point l’escalier mécanique s’enfonçait profondément dans une obscurité qui semblait aspirer la faible lumière environnante. Curieusement, aucun autre voyageur ne semblait nous accompagner. Nous semblions, la cible et moi, être les deux seuls à nous rendre à cet endroit. La descente continuait ; le plafond de la station semblait s’élever, révélant une voûte d’une hauteur impossible, striée de formes architecturales qui défiaient toute logique euclidienne. Et je ne reconnaissais pas les lieux où nous allions. Saisi d’une inquiétude sourde, je me retournai et fus incapable de voir l’endroit d’où nous étions partis. Tout, là-haut, semblait être plongé dans les ténèbres. Je regardai à nouveau la cible… Étrangement, elle semblait ne s’inquiéter de rien. Le doute alors commença à s’insinuer en moi : étais-je en pleine possession de mes moyens ? Un bourdonnement grave emplissait maintenant mes oreilles, étouffant les bruits familiers du métro. Lorsque nous atteignîmes enfin le bas de l’escalator, ce ne fut pas les couloirs du RER que je découvris, mais un paysage de cauchemar qui s’étendait à perte de vue. Les plafonds avaient disparu, laissant place à un ciel étrange d’une ...