1. 9 secondes et demie


    Datte: 07/03/2026, Catégories: Humour fh, inconnu, sport, Auteur: Amarcord, Source: Revebebe

    ... bénévoles qui se cognait le boulot, sous son autorité tranchante. Maurice, c’est un peu le Mélenchon de l’athlé : le sport, c’est comme la révolution, camarade, ça demande de la discipline. Soit tu suis la ligne tracée par lelider maximo, soit c’est la purge.
    
    — Vous voulez adhérer au club, jeune homme, fort bien. Mais quelle est votre épreuve de prédilection ?
    — Eh bien, euh… J’avais peut-être pensé au javelot, répondis-je, après m’être assuré préalablement que les entraînements bi-hebdomadaires des lanceurs correspondaient à ceux du demi-fond féminin.
    — Pourquoi pas. Mais autant être honnête avec vous, on a toujours été nuls en javelot, ici.
    — Au moins, je ne ferai pas pire.
    — Vous m’avez l’air d’être un gars ambitieux, dites donc.
    — Réaliste. Mais motivé, rectifiai-je, alors que Muriel passait justement sur la piste dans un justaucorps très ajusté qui ne la rendait que plus craquante.
    — Eh bien ça tombe bien, mon gars, parce que je vais aussi t’attribuer tes devoirs extra-sportifs. Tout le monde met la main à la pâte, ici. C’est toi qui nettoieras les douches et les toilettes chaque mercredi !
    
    Quelle belle marque de confiance : j’avais déjà droit au tutoiement et à des responsabilités ! Je tâchai de cacher ma joie.
    
    Côté javelot, je n’étais pas doué, et mes progrès étaient modestes, mais les entraînements étaient plutôt marrants. Nous n’étions que trois inscrits à profiter des conseils de Henri, notre entraîneur de 76 ans, qui passait le plus clair de la ...
    ... séance à radoter ses souvenirs. Peu importe : j’étais idéalement placé pour voir courir Muriel, à ceci près qu’elle passait vite, et que je n’étais toujours pas parvenu à établir le moindre contact. Et puis un de ces fameux mercredis soir, je passais la serpillière dans les vestiaires quand j’entendis naître un puissant bruit d’eau dans les douches, bientôt couvert par une voix féminine.
    
    — Julien ?
    — Uh ?
    — C’est bien Julien, ton prénom, pas vrai ? Tu es le gars qui me reluque toujours en douce à la fac, c’est ça ?
    — Ah, euh, oui, c’est possible…
    — Alors écoute, ça fait déjà trois séances d’entraînement que tu mates mes fesses à chacun de mes passages dans le virage, avec une bosse dans le short plus martiale que le javelot que tu traînes sans conviction.
    — Désolé…
    — Arrête d’être désolé. Si tu me trouves bandante, c’est pas un crime. Mais viens au moins me le prouver sous la douche.
    
    C’était plus direct que romantique. Mais c’est ainsi que nous nous connûmes bibliquement.
    
    ⁂
    
    C’est aussi comme cela que nous devînmes un couple. Et quelques années plus tard, mari et femme. Muriel était plutôt un bon coup au lit, et je crois pouvoir dire sans vantardise que l’appréciation était réciproque. Mais ce qui gâchait un peu le tableau, c’était son hygiène de vie. J’ai rarement connu une fille aussi compétitive. Elle était prête à tout sacrifier à sa carrière sportive. Elle pesait tout ce qu’elle mangeait, minutait chaque parcelle de sommeil. La part réservée au sexe était ...
«1234...15»