1. La mémoire de l'eau


    Datte: 27/02/2026, Catégories: fh, Auteur: Landeline-Rose Redinger, Source: Revebebe

    Adolescente, j’avais longtemps imaginé que quelque part sous l’onde calme ou sous un courant marin et sournois, se nichait une forme ronde ou ovoïde, qui serait en quelque sorte la mémoire de l’eau. Mais le temps passant et sans que l’on me l’enseignât, je compris ce que l’on entendait par cette expression jolie et énigmatique. Et puis j’eus un amant, qui faisait lui, du plastique sa passion. Oui du plastique. Et l’amoncellement des carcasses d’ordinateurs qui en somme faisait un Himalaya, me fit comprendre par cet homme ce que semblablement à l’eau, on nommait la mémoire du plastique. Je ne suis ni l’eau et pas plus le plastique, mais je suis faite d’une mémoire qui par sa conception ou la mienne, me ramène naturellement à un point que j’appellerais neutre ou originel.
    
    Vous imaginez que mes souvenirs, si nombreux pour mon jeune âge dira-t-on, sont faits de centaines, que dis-je de milliers d’aventures qu’elles fussent de longues ou de courtes durées. Ces dernières ont ma faveur d’ailleurs. Et curieusement il s’opère une remise à zéro, une forme de reset qui fait que je puis reprendre le cours des choses en occultant ce que les freudiens du troquet du coin et les lacaniens du PMU, appellent la mauvaise conscience ou plus affligeant encore la culpabilité. Non ce qui se trame dans les circonvolutions de mon cerveau et cela est peut-être un cadeau de Dieu himself, m’octroie le privilège de n’être pas un être maléfique, une forme humaine du mal ou une Lilith sexy, mais bien ...
    ... au contraire un ange qui répand sur la terre les bienfaits de la chair. Donc loin de l’amnésie. Je suis pourtant de celles qui s’allègent en remplissant le corps et l’esprit quand d’autres pour une forme légère de flirt s’en vont à confesse.
    
    Si ma mémoire remet les compteurs à zéro, pour autant je reste l’empreinte indélébile de centaines, de milliers d’hommes qui ont chacun leur petit instant de lâcher-prise autour ou dans mon corps. Vous me direz que je suis prétentieuse, eh bien oui, je prétends ; je prétends avoir lâché les ondes du plaisir comme d’exponentielles ellipses autour de moi. Chacun dans son désir animal a pu connaitre la joie presque christique de la jouissance.
    
    Souviens-toi lecteur, n’as-tu pas quelque jour, quelque nuit, n’as-tu pas toi-même approché le désir dans les récits de mes flâneries nocturnes, n’as-tu pas sur un coup de sang, quitté ton foyer en loucedé pour barguigner tel le setter en chasse, sur le chemin qui menait jusqu’à moi. Et puis n’as-tu pas cherché bien après, au fil des pages de mes romans, à te revoir en celui-là même qui me prenait, là dans un parc, là sous un pont. Là et autre part encore.
    
    Et si, si Landie toi, être fait de pureté et d’une jolie idée de l’acception du bonheur dans sa globalité, et si donc tu étais par quelques mauvais génies du clan judéo-chrétien ou toute autre doctrine prosélyte, si tu étais la mauvaise conscience du monde. Ô Landie, mais cette réflexion toute intérieure ne serait-elle pas soudainement un ...
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