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Carnet à spirales et chocolat
Datte: 06/02/2026, Catégories: #Oral, #Collègues / Travail, fh, Auteur: Patrik, Source: Revebebe
Assez agacée, je viens de m’apercevoir que j’ai perdu mon petit carnet à spirale, celui sur lequel j’écrivais à l’encre bleue, comme dans la chanson de William Sheller (ma mère aime toujours beaucoup ce chanteur devenu rare). Depuis un bon bout de temps, j’ai confié sur le papier mes divers états d’esprit, certaines confidences. Même si personne ne sera capable de comprendre ce que j’ai écrit, car c’est codé, je suis assez dépitée d’avoir perdu mon confident ! — Merde, merde, merde ! Il est passé où, ce con !!! Je travaille dans un grand groupe, dans une « Supply Chain » comme on dit en bon français. L’ambiance reste assez bonne, mais ce n’est pas la joie tous les jours. Là-haut, ces fichus actionnaires rêvent de réduire encore plus le nombre d’employés pour augmenter leurs dividendes. Leur fantasme ultime serait que nous travaillons gratuitement, afin qu’ils se la coulent douce quand ils bronzent près de leur piscine située sur leur yacht ! Mais ce que ces salauds de capitalistes (merci papa pour le vocabulaire) oublient, c’est que si on vire la plupart des gens des entreprises, il n’y aura quasiment plus personne pour acheter leurs satanés produits. Mais bon, « après moi le déluge » semble être la philosophie de ces abrutis ! Non, je ne suis pas contente, j’ai perdu mon carnet, et en prime (sans prime), je me retrouve avec une surcharge de travail, parce que pas mal de collègues ont chopé la crève. Résultat, je croque du chocolat, mon antidépresseur ...
... naturel. — Halala, je sens que je vais encore prendre des tas de kilos que je vais avoir un mal de chien à perdre ! Côté privé, je suis actuellement célibataire, je n’arrive pas à mettre la main sur un homme valable. Le souci est que les hommes potables sont déjà casés, et que ceux qui sont disponibles ne sont pas folichons. Aussi bien dans l’entreprise qu’ailleurs. Ah pour des cinq à sept, il y a du monde, mais est-ce trop demander d’avoir mon homme à moi ? Tout ça ne me dit pas où est passé ce fichu carnet ! Le lendemain, vers dix heures, Olivier vient vers moi. Je range ce type dans les hommes potables, je m’entends très bien avec lui, mais il est casé avec une Géraldine qui ne semble pas être une femme de tout repos, du moins, d’après certaines confidences de sa part. Mais faut-il croire tout ce que les hommes racontent ? Dans le cas d’Olivier, je pense qu’il n’en rajoute pas. Si c’est bien le cas, pourquoi reste-t-il avec cette chipie ? L’amour fait faire des choses pas possibles, j’en ai su quelque chose. Ça doit être le cas pour mon collègue. À ma grande surprise, il se penche vers moi, et me dit à voix basse : — Je peux te parler en privé, Amélie ? On prend la salle Normandie, elle est dispo. — Un problème ? — Non, pas vraiment… Nous nous dirigeons vers la salle en question qui est située au bout de ma section. Sitôt la porte refermée, Olivier aborde tout de suite le sujet : — J’ai trouvé ton carnet sous un ordi. Et il me remet en main propre ce ...