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Correspondance charnelle
Datte: 04/02/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Antoine-LRH, Source: Hds
Je m'appelle Ben. Trente-deux ans, la silhouette un peu usée par les horaires décalés, les cafés avalés à la va-vite, mais toujours debout, solide. Je bosse dans une petite gare normande, pas bien grande, pas bien glamour, mais c'est chez moi. Je suis agent au sol, c'est-à-dire que j'ai la responsabilité de la sécurité des trains qui entrent et sortent de notre gare. C'est technique, parfois stressant, mais c'est aussi une place d'observation privilégiée. Je vois tout. Je vois les gens arriver, partir, revenir. Les pressés, les amoureux, les paumés, les collègues, les clients, les habitués et les passants. Depuis un an que je suis là, je commence à bien connaître les têtes. Dans la salle de pause, je croise les mêmes collègues, jour après jour. Côté sexy, ça ne se bouscule pas franchement. À part Marion, ma petite collègue, blonde pétillante et un peu joueuse, avec qui je me laisse aller de temps en temps. Rien de très sérieux, mais elle a ce petit rire, ce petit cul aussi, qui fait qu'on se retrouve parfois entre deux roulements, dans le vestiaire, dos contre le mur, ses jambes autour de ma taille. Ça détend. Mais au fond, je suis seul. Célibataire. Et pas vraiment comblé. Dans ce métier, on croise beaucoup de monde. Et mes contacts les plus réguliers, ce sont les contrôleurs. Eux aussi vivent sur les rails, à courir d'un train à l'autre. Certains sont des têtes brûlées, d'autres des clowns. Marc, lui, c'est l'ancien. Cinquante balais, grande gueule, œil coquin. On ...
... rigole souvent, surtout quand il s'agit de parler des jolies passagères. Il ne rate jamais une occasion de glisser une remarque salace, toujours à la limite, jamais vulgaire. Juste ce qu'il faut pour déclencher un rire complice. Un matin, alors qu'on parle comme d'habitude sur le quai, il me lâche d'un air taquin : — Tu vas voir demain. J'ai une petite nouvelle avec moi pour la former. Si j'avais trente ans de moins, je la déformerais bien. On éclate de rire. Je lève les yeux au ciel, amusé : — Ah ouais ? T'exagères pas un peu ? — Je te jure, mon gars. Un canon. T'as intérêt à être là demain à 10h10. Le lendemain, j'y suis. Évidemment que j'y suis. Dix heures dix, le TER entre en gare dans un grondement familier. Je suis sur le quai, mains dans les poches, regard un peu trop attentif. La porte s'ouvre. Marc descend en premier, sourire aux lèvres : — Alors, on ne vient pas me saluer ? J'ai une demoiselle à te présenter. Claire, viens voir. Et elle apparaît. Putain. Claire. Le genre de fille qui fait buguer ton cerveau. Mon cœur loupe un battement. Grande, fine, mais pas maigre. Élancée. Une grâce naturelle dans sa démarche. Une longue chevelure blonde tombe en cascade sur ses épaules, légèrement ondulée, encadrant un visage à la fois doux et assuré. Elle a ces yeux clairs, entre le bleu et le vert, qui captent la lumière. Un regard franc, intriguant. Elle sourit poliment, sans trop en faire. Je tends la main, elle me fait la bise. Son parfum ...