1. D'Il à Elle


    Datte: 02/02/2026, Catégories: #nonérotique, #confession, f, fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... malade. Et je revois la tronche de mon notaire de père quand elle lui a clairement énoncé que mon état ne nécessitait pas de soins particuliers. Je me souviens de sa colère et cette malheureuse dame qui ne faisait que rapporter des faits s’était vue gratifiée du nom peu glorieux de « charlatan », de parasite également.
    
    Et… imaginez que pour me remettre dans le droit chemin, je me voyais collée dans une école militaire, histoire de me « dresser ». Un mal pour un bien puisque ces endroits ne sont peuplés que de beaux jeunes hommes. Il est vrai aussi que la plupart se sont acharnés verbalement et les qualificatifs fleuris m’ont poursuivi une bonne partie de mon séjour dans cette école. Je vous fais grâce des : « pédé, lopette, salope » et autres gentillesses que des bouches viriles savent si bien chanter aux oreilles de ceux ou celles sûrement qui ne sont pas dans les canons de la morale ou dans les normes de notre société. Tant et si bien qu’à ma majorité, convoquée chez le directeur de l’établissement, je me voyais expulsée des cours et de l’internat.
    
    Une vague tante Irina, sœur de maman, m’a recueillie, et j’ai pu chez elle recouvrer un peu de sérénité. Je dois aussi la saluer parce qu’elle avait assez d’humanité pour ne pas me juger. Pour la première fois de ma courte existence, j’ai pu chez elle déambuler sans ambiguïté dans des vêtements féminins et en apprécier la douceur. Là aussi, dans un environnement moins hostile, j’ai pu sans contradiction possible comprendre ...
    ... que j’étais bien une fille dans un corps de garçon, que le doute n’était plus permis. La nature, ou le ventre de ma mère, je n’en sais rien, quelque part, quelque chose a forcément bugué. C’est bien chez Irina que je me suis totalement décidée à vivre en fonction de mes aspirations profondes.
    
    Ma sœur, venue me voir une fois chez notre tante, n’a guère été plus tendre que mes géniteurs et elle a coupé les ponts depuis tout ce temps, me laissant avec ce qu’elle m’a jeté à la figure en me qualifiant de : déchet de l’humanité… Heureusement que la main tendue de la sœur de maman m’a permis de faire front et de me relever de ces humiliations. J’avoue que j’ai encore aujourd’hui une sorte de douleur qui persiste à me déchirer le cœur. Ces personnes qui devraient le plus compter pour moi, celles que je devrais aimer le plus aussi, se sont comportées comme des sauvages, des gens « incivilisés », vis-à-vis de ce qui n’est en moi qu’un point de détail. Je pense femme, je vis femme et je n’ai aucune explication logique à ces faits.
    
    Combien il peut être difficile de s’imaginer qu’aux yeux de ceux-là mêmes qui m’ont mise au monde, je sois devenue une sorte de monstre, une lèpre dont il fallait se débarrasser au plus vite ! Incroyable de me dire que je suis une tache dans la vie bien rangée de mes parents, de ma sœur aussi. Comment se reconstruire après tout cela ? Et c’est bien là que je dois faire preuve d’humilité et remercier le ciel d’avoir eu ma tante Irina pour me prendre sous ...
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