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D'Il à Elle
Datte: 02/02/2026, Catégories: #nonérotique, #confession, f, fh, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe
... d’un coup perplexe. Comme si le fait d’être enregistré la décontenançait. Mais après s’être raclé la gorge, elle se décide enfin. — xXx — Je… suis née, Simon Hachman… et j’ai aujourd’hui trente-quatre ans. Mes parents sont ce que l’on peut qualifier de « notables ». Un père notaire, un peu strict et plutôt bourgeois, une mère femme au foyer qui s’occupait de ma sœur aînée Astrid et de moi, une famille somme toute banale dans les traditions d’une France un peu désuète. Mais sans que j’en sache bien les raisons, dès mon plus jeune âge, je me suis sentie… prisonnière, dans un corps qui n’était pas le mien. Ou plus justement pas vraiment en harmonie avec mon cerveau. Ma sœur et moi partagions la même chambre, et lorsque j’ai su m’habiller seule, je me servais allégrement dans les vêtements d’Astrid de deux ans plus vieille. Ce qui m’a souvent valu des coups de pied aux fesses de la part de mon père, soucieux des apparences. — Un garçon ne doit jamais s’abaisser à porter des robes. Un homme digne de ce nom ne s’habille pas en femme ! Je vous laisse imaginer l’ambiance et les rebuffades qui ont jalonné mon parcours. Les camions de pompiers pour moi sous le sapin et les poupées pour Astrid, sauf que dans ma tête, rien n’était aussi bien défini. Je schématise sûrement, mais c’est l’idée. Quelque part, je ne me sentais pas à ma place dans un corps de garçon. J’ai pourtant tenté de longues années de faire semblant, de ne pas laisser transparaître cette nature bizarre qui ...
... me perturbait. Je vous passe les bagarres avec Astrid qui voyait d’un mauvais œil que j’emprunte ses vêtements, et les engueulades de mon père qui m’a parfois découverte avec les chaussures de maman aux pieds. Et c’est vrai qu’en y repensant aujourd’hui, les hauts talons maternels m’ont sans doute attiré tout autant que les jupes et les chemisiers. Et mon adolescence ne s’est pas vraiment passée mieux. Tiraillée entre des idées de filles et les valeurs bourgeoises de parents qui ne souffraient pas l’idée que je sois différente, j’ai vécu des jours difficiles. Impossible aussi pour maman de comprendre que je puisse préférer les garçons aux filles pour mes jeux. Les premiers noms d’oiseaux sont venus aux alentours de mes seize printemps. Je n’oserais jamais répéter ces mots violents, presque des insultes dont papa m’a affublé ce soir-là où il nous a surpris, Jeremy et moi dans ma chambre, couchés l’un près de l’autre. Je revois la bobine de l’infortuné garçon que mon père chassait de notre maison avec des termes ignobles. Et les choses ensuite se sont dégradées irrémédiablement. Traînée pratiquement de force chez une psy qui devait « me remettre les idées en place », la pire période de ma vie, je vous assure, Élisabeth ! En revanche, aussi paradoxale que cela puisse paraître, ces moments très douloureux pour moi ont cependant forgé mon caractère. Je suis obstinée et désormais indépendante. Quant à la psy… au bout de trois séances, elle savait que je n’étais ni folle ni ...