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Marmouz
Datte: 31/01/2026, Catégories: #exercice, Humour #pastiche, #aventure, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe
... expliqué à son cher monarque qu’elle avait fait de son mieux. Six singes. Unna était accompagnée de cinq grands mâles et il ne s’agissait ni des plus forts ni des plus intelligents. Marmouz s’était contenté de féliciter Unna et avait donné ses ordres, insistant et insistant encore pour que ses sujets puissent bien comprendre ce que leur roi attendait d’eux. Ensuite, il passa un long moment à encourager la petite troupe. La nuit était tombée. Marmouz, juché sur son arbre, avait prévu une autre descente que les lianes. L’une des branches de l’arbre gigantesque surplombait l’enceinte du village. Déjà, les singes s’étaient servis de cette aubaine, se laissant tomber derrière la palissade de bois. Ils devaient atteindre la cible désignée par leur roi. La case était gardée par un unique guerrier. Très certainement, Zulla et les autres prisonniers devaient être ligotés ou enchaînés. Le seul problème que le puissant monarque n’avait pu résoudre était lié à ces prisonniers. Combien étaient-ils ? Il lui avait été impossible de le savoir. Marmouz se tenait prêt. Peut-être qu’il ne sauverait pas tout le monde. Zulla restait sa priorité. Elle était la plus grande guérisseuse du peuple Wasiri. Un long moment s’était écoulé depuis le départ des anthropoïdes. Unna conduisait l’attaque et ce silence était rassurant. Un silence qui ne dura pas. L’ouïe fine de l’homme singe lui apporta le choc d’un coup puissant porté sur de la chair, suivi d’un bruit de chute. Unna avait tué la ...
... sentinelle. Puis, un cri de terreur poussé par une femme troua la nuit calme. Aussitôt après, deux hommes hurlaient de concert. Un rictus sauvage tordit la bouche du seigneur de la jungle. Le moment était venu. Marmouz savait exactement ce qui se passait. Unna et ses compagnons étaient dans la case. Zulla et un homme, pris de terreur, avaient hurlé en se retrouvant face aux singes géants. L’homme singe se laissa tomber de la branche et grimaça en touchant le sol. Une chute d’une bonne hauteur et sa cheville gauche lui avait fait mal aussitôt. Sans plus se soucier de la douleur, Marmouz s’était rué vers le grand feu qui brûlait à l’entrée du village. Là, il se débarrassa de l’épaisse liane qu’il avait apportée avec lui, la débitant en morceaux qu’il plongea dans le brasier. Une ombre, une autre et une autre encore. Des ombres qui déambulaient d’une case à l’autre. Un nouveau cri de femme, suivis d’autres cris. Des cris et des ordres lancés dans une pagaille qui deviendrait vite indescriptible. Les villageois quittaient leurs cases. Cris et hurlements s’amplifiaient, et des grognements gutturaux firent trembler l’obscurité. Unna savait tenir ses troupes. Maintenant, le grand guerrier blanc distinguait un groupe à l’écart. Les six singes entouraient trois silhouettes humaines. Zulla et deux prisonniers ! — Tantor ! Deus aman ! Buan ! Sikour Tantar ! Kig ha farz ! Le seigneur de la jungle avait hurlé. La voix puissante crevait la nuit. Les villageois, éperdus de peur, avaient ...