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Marmouz
Datte: 31/01/2026, Catégories: #exercice, Humour #pastiche, #aventure, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe
... grands singes pour ses sujets primates. L’aventurier brestois avait quitté son fief breton de Recouvrance pour retrouver la jungle. Marie-Madeleine Poullaouec, sa belle et parfaite épouse, n’avait pu cette fois encore convaincre son époux de rester. Personne n’aurait pu contraindre le fier Brestois de ne pas partir. Pour une raison bien simple. Le marin breton était également un roi. Un monarque sauvage, évoluant parmi les grands singes de la jungle où il avait si longtemps vécu. L’aventurier qu’il était n’avait pas pu réfréner ses instincts de sauvage. De plus, Jean Quémeneur avait une bonne raison de partir. Zulla, la guérisseuse Waziri, avait réussi à lui faire parvenir un message. Un appel au secours datant de plusieurs mois. Des paroles transmises par plusieurs intermédiaires, jusqu’au lieutenant d’Arnot. D’Arnot, l’un des amis les plus fidèles de Marmouz, revenu en Afrique et qui avait écrit au navigateur breton. Zulla et les siens avaient besoin d’aide. Il était peut-être déjà trop tard. Une grimace de douleur déforma les traits fiers et altiers du roi des singes. La bouche grimaçante, Marmouz appuya sa main puissante sur son ventre dur et musclé. Une nouvelle diarrhée lui tordrait bientôt les entrailles. Enfant, le petit Marmouz avait souffert de maux de ventre divers et de diarrhées fréquentes. Aujourd’hui, Jean savait pourquoi. Si son métabolisme humain s’était adapté à la vie d’enfant sauvage qu’il menait, il restait malmené par un régime inadapté. Trop de ...
... fruits et de baies. Trop de racines et de tubercules. Beaucoup trop d’insectes et de larves. Les rares viandes qu’il avait mangées étaient consommées crues. Un mode de vie trop agressif pour un enfant. À chacun de ses retours dans sa jungle chérie, tout recommençait. Maladies, fièvres, diarrhées et malaises. Ces maux restaient toutefois supportables, et finissaient par abandonner la partie face à la santé de fer de Marmouz. D’autres dangers guettaient également le marin breton à chacun de ses retours. Jean Quémeneur devait risquer sa vie, pour que le roi des singes reprenne son trône. Depuis le vieux Kerchak, Marmouz avait dû combattre trois grands singes pour reconquérir son trône. Heureusement, cela s’était fait sans tuerie. Les premières chasses étaient toujours dangereuses. Jean, nu et sans armes, n’était pas encore redevenu le puissant homme singe. Il devait, chaque fois, se réadapter à la vie primitive et sauvage. Cela prenait toujours un peu de temps. Et très vite, le farouche marin devrait s’équiper. Il devait chercher un guerrier isolé et lui dérober frusques et armes. La toute première fois, il avait tué sauvagement le fils d’un chef de village. Celui-là même qui avait attaqué et tué Kala, la mère anthropoïde de Marmouz. Depuis qu’il avait retrouvé la civilisation, Jean Quémeneur n’avait plus tué aucun guerrier. — Unna ! Tork ! Bloavez mad ! Da gousket dustu ! Le langage des grands singes. Le roi de la jungle avait parlé à voix basse, accompagnant ses paroles de ...