1. Marmouz


    Datte: 31/01/2026, Catégories: #exercice, Humour #pastiche, #aventure, Auteur: Juliette G, Source: Revebebe

    ... et diffuses. Jean Quémeneur avait faim et Marmouz des grands singes crevait la dalle. Le sauvage blanc s’était laissé glisser jusqu’au sol, s’aidant d’une grosse liane noueuse. Puis, accroupi au pied du gros arbre, il s’était soulagé de ses besoins naturels. Cette façon de faire primitive avait remué la mémoire de l’homme singe. Sa vie primitive avait des avantages. La liberté. La nature sauvage et dangereuse dans toute sa splendeur. L’aventure. Les chasses exaltantes. Les frissons des combats. Son ascendant sur ses amis les grands singes. Cette vie avait également ses inconvénients. Des réflexions, que Marmouz n’aurait pas eues, s’il n’était pas revenu à la civilisation pour retrouver son identité et son rôle en société.
    
    L’aube avait laissé place au soleil et une chaleur étouffante régnait déjà sur la jungle. Marmouz ne connaissait pas cette partie de la brousse, mais ses sens encore aiguisés malgré sa vie de citadin lui avaient été utiles. Enfant, son intelligence humaine lui avait permis de survivre parmi les gigantesques primates. Très souvent, les cinq sens des humains avaient sauvé la vie de l’homme singe. La force brutale et le courage étaient très utiles, mais n’auraient pas suffi à sa survie. Jean n’avait pas eu à chercher très longtemps. La présence de certains animaux l’avait d’abord guidé, et de légers clapotis d’eau l’avaient amené à une petite source. Un filet d’une eau souterraine, coincée sous des roches grises. Là, Marmouz avait étanché sa soif et ...
    ... s’était sommairement lavé dans une eau claire et fraîche. Un peu plus tard, une flèche perçait le cœur d’un petit habitant des arbres. Pour Marmouz, c’était pratiquement un assassinat. Pour le marin breton, un gibbon n’était qu’un singe et il fallait bien manger. Maintenant, il devait prendre le temps de faire un feu. Quémeneur ne pouvait pas se résoudre à manger de la viande crue. Après s’être gavé de viande, le seigneur et maître des grands singes s’était décidé à se rapprocher du village. S’il n’y avait plus trace des lions, l’ouïe particulièrement fine de Marmouz lui apprenait que Tantor l’éléphant était resté dans les environs. Le pachyderme saccageait quelques arbres de la forêt. Le puissant maître de la jungle s’était servi d’une petite liane souple et avait assemblé les bois morts qu’il avait ramassés en un gros fagot. Ce fagot de bois serait son arme la plus efficace.
    
    Marmouz avait retrouvé les grands singes, encore en chemin, mais proches d’arriver à l’arbre qui lui avait servi de poste d’observation. Aux premiers regards, le roi des primates comprenait bien des choses. Tork n’était pas revenu. L’anthropoïde n’aimait pas Tarzan. Certainement, il ne digérait pas son combat perdu contre l’ancien roi revenu le narguer. Ou alors, Tork s’était perdu à se gaver de larves, fouillant des troncs d’arbres pourris et oubliant ses devoirs envers son seigneur et maître. Unna avait longuement fixé son roi, de ses grands yeux marron intelligents. La seule femelle du groupe avait ...
«12...456...9»