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17 avril 1891 (1/3)
Datte: 31/01/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Pessac, Source: Hds
... sans doute pas aussi gironde que beaucoup d'autres, mon impression de minceur excessive est due aux vêtements amples que je choisis, à dessein, de porter pour cacher mes formes. Mon absence de formes plutôt, car ma poitrine est bien maigrelette. Et du coup, inexistante sous mes larges chasubles. De mon père (dont je n'ai pas de souvenirs, le soldat originaire des Iles lointaines ayant été tué à Sedan), de mon père donc, j'ai hérité un teint très sombre et hâlé, café au lait et une très abondante chevelure noire de jais, vaguement crépue qui m'ont valu dès la prime enfance quantités de surnoms infâmants tels que négresse, noireaude ou sarrasine. Sorcière aussi : différente, je deviens forcément suspecte et ma couleur de peau de métisse fait de moi une étrangère sans nul doute liée aux pratiques sataniques ! Pauvres imbéciles incultes ! De ma mère alsacienne (morte en couches à ma naissance), j'ai les yeux d'un bleu pâle et lumineux, mais donc, et je m'en désole, pas de son opulente poitrine. Mes pêches des vignes me paraissent bien ridicules, voire déshonorantes car couronnées de surcroit, de tétons fort sombres et larges. Rien à voir avec les blondes du cru dont j'ai aperçu parfois à la rivière les lourdes poitrines laiteuses et tétins rosés croquignolets. Quant à mes hanches étroites et mes petites fesses serrées, elles renforcent encore mon allure masculine. Une chose me fait plaisir par contre : à l'instar de mon père (c'est Mamama qui me l'a raconté), je suis ...
... pratiquement imberbe. Si j'ai une chevelure fort abondante, je n'ai pas de poils sur le corps, les jambes ou les bras, à peine un duvet léger sous les aisselles. Plus bas, une petite forêt noire, dense et très frisotée sur le pubis. Rien à voir avec les tabliers de sapeurs, plus ou moins blonds, qui engloutissent les chats de filles d'ici. Moi, mon barbiquet est précisément vierge de... barbe ! Les rares garçons que j'ai connus ne se sont jamais plaints de mon petit con tout nu. Bien au contraire ! Fort peu de garçons en fait puisque je suis plus ou moins mise au ban de la communauté. Tout comme son voisin, mais lui pour une autre raison : affecté d'un bégaiement prononcé, il passe pour benêt, voire simplet et est sujet aux moqueries des gamins. Je sais pour ma part qu'il est bien finaud et plus intelligent que bon nombre ! Comme quoi, dès qu'on est un peu différent de la majorité... Dans le noir de sa chambre, quand Mamama ronfle, je laisse souvent glisser mes doigts sur mon corps. C'est qu'il se manifeste mon corps, ses besoins me travaillent. Cela dit, je n'ai guère de fantasmes et encore moins de souvenirs pour alimenter mes caresses solitaires. Le seul que je conserve et chérisse un peu est Guschti, mon amoureux de seize ans qui m'avait volé mon pucelage lorsque j'en avais quatorze. Voler, n'exagérons rien, ce n'est pas le terme qui convient. Je m'étais volontiers laissé faire à l'époque par le coquin. Je m'étais offerte et j'avais apprécié chaque étape de notre ...