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17 avril 1891 (1/3)
Datte: 31/01/2026, Catégories: Entre-nous, Hétéro Auteur: Pessac, Source: Hds
ICI le 17 avril 1891 il ne se passa strictement RIEN Cette plaque émaillée, apposée sur une maison d’époque, me fait gentiment rigoler ! La blagounette est amusante mais immédiatement mon esprit se met à mouliner : ne s’est-il vraiment rien passé dans cette maison ce jour-là ? Une recherche sur le net m’apprend ce que je savais déjà, à savoir que cette plaque humoristique se retrouve dans bon nombre de villes et villages de France et de Navarre. Sinon, rien de particulièrement marquant n’a l’air de concerner cette date, ni en France, ni en Allemagne. Je me promène en effet dans un village alsacien qui à cette époque était sous le joug allemand depuis déjà dix ans. Mon imagination vagabonde... ---------------------------------------------------------------------------------------------- Dans la cuisine de ma petite maison, je termine d’écosser des petit-pois. Tout à l'heure, je reprendrai mon travail de couturière mais pour l'heure, il s'agit de préparer le repas de midi. Sitôt qu'ils seront écossés, les petits pois fileront dans une casserole avec un beau morceau de lard. En fin de cuisson, je rajouterai une saucisse de Montbéliard (on continue à les nommer ainsi ces saucisses, bien que l'administration allemande bannisse toute appellation sonnant français). Des pommes de terre en rondelles, sautées à la poêle accompagneront notre frichti du jour. Le lard sera coupé en trois tronçons inégaux, deux presqu'identiques pour Changala et moi, mais ...
... le dernier, sera plus petit car destiné à Mamama, ma grand-mère, qui n'a plus beaucoup d'appétit désormais et que je dois, certains jours, nourrir à la cuiller. Je découperai le Montbéliard en rondelles, n'en gardant que trois pour moi. Le reste est destiné à mon voisin célibataire à qui je fournis ses repas de midi et du soir, sachant que l'artisan participe assez généreusement à nos frais de bouche. À travers le mur, j'entends justement les coups réguliers assenés par le forgeron sur son enclume. Sacré gaillard que cet homme-là qui porte bien mal son nom : si Changi se traduit en effet par "Jean", Changala signifie "petit Jean": or, l'homme est immense, il est aussi grand et large que l’énorme armoire à linge de la chambre que je partage avec Mamama. Il est fort le gars, rustre aussi et peu bavard. Je dois reconnaître que gamine, je l’ai craint et évité pendant des lustres, jusqu’au jour où, jeune adolescente, un soldat allemand a tenté de me forcer dans un fourré. Le soudard m'avait suivie dans le sentier prolongeant l'impasse, menant à des parcelles où les familles du quartier cultivent des légumes et entretiennent quelques fruitiers... Je suis à croupetons et récolte des oignons quand le type me pousse violement. Je tombe à plat ventre, ma robe et mon jupon sont troussés haut et le ruffian tente de m'enlever ma culotte. Il parvient seulement à l'abaisser jusqu'à dénuder mes fesses mais me glisse brutalement la main au panier. Aviné, maladroit, le rustre n'arrive ...