1. Sous un ciel de printemps


    Datte: 29/01/2026, Catégories: #délire, cérébral, revede, Auteur: Jane Does, Source: Revebebe

    ... » ! Il va finir par me sortir par les yeux. Tu vas bien, ma chérie ?
    — Oui… Pierre… j’ai bien besoin aussi, ce soir, du grand méchant loup.
    — Ah ?
    — Ouais… mais pas forcément pour dormir…
    — Je vois… Remarque que ça ne me déplaît pas vraiment de me savoir… attendu. Je crois que je peux encore être à la hauteur de la demande de la jolie maman de notre petite Emma…
    — Tant mieux ! Viens donc, mon cœur…
    
    Pierre se tasse contre le dossier du long divan alors que sa compagne, elle, s’y allonge de tout son long. Sa nuque se pose sur les cuisses de ce père qui respire doucement. Annabelle ne dit plus un mot, ferme seulement ses paupières, attentive au moindre bruissement de l’air qui l’entoure. Qu’il est doux, qu’il est bon d’être aussi heureuse dans une existence où tout coule de source ! Une paume de main masculine très délicatement vient d’abord lisser le front de son visage détendu. Puis elle se fraye un chemin parmi les mèches brunes qui tombent en cascade autour de l’ovale de sa bouille. Il sait si bien lui donner par cette caresse mille frissons.
    
    À quel moment la femme alanguie devine-t-elle ce qui fait de lui un homme si viril ? Sous sa nuque, Annabelle sait bien que son mari a envie d’elle. Une autre idée lui monte dans le crâne, sans qu’elle ne la justifie d’aucune manière. Envie d’elle ? Ou simplement envie de faire l’amour ? Si c’était une autre femme qu’elle, là, dans cette position, sur ce canapé… banderait-il aussi ? Réflexion idiote, bien entendu, ...
    ... puisqu’elle ne sera jamais vérifiable. Et c’est bien cette simple pensée qui amène un drôle de rictus sur les lèvres de la jeune femme. Pierre l’a-t-il seulement entrevue, cette risette furtive ?
    
    Mais même s’il l’aperçoit, comment pourrait-il en deviner les origines ? De plus, la main trop douce, trop chaude aussi continue de marquer son territoire en s’envolant littéralement, traçant désormais les courbes, les volumes du visage de son épouse. Les doigts, pour un moment assez long, se baladent sur ses lippes, provoquant dans ce corps étalé une sensation de bien-être. Le câlin digital insistant est tellement évocateur. Des tas de souvenirs remontent en boucle dans cette frimousse qui adore être dorlotée de la sorte. L’étape suivante est déjà plus espérée qu’attendue. La patte se dirige vers le menton à la peau fine.
    
    C’est à cet instant que la seconde main entre en action. Elle aussi se fait plus pressante, moins inerte. De son côté, elle découvre, en remontant les longs tifs bruns, une oreille parfaitement ourlée. Entre pouce et index, le lobe s’en trouve pincé, ce qui comme toujours rend folle Annabelle. Cette sensibilité inouïe de l’endroit, Pierre le connaît par cœur et sait parfaitement la mettre en condition. Il est conscient qu’elle ne peut jamais résister plus de quelques secondes, à ce supplice amoureux, et que son impatience féminine va lui être bénéfique.
    
    Passé ce stade, elle ne sait plus maîtriser son envie et… le « grand méchant loup » va pouvoir n’en faire qu’une ...
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