1. Milord


    Datte: 24/01/2026, Catégories: #volupté, fh, cadeau, prost, Auteur: Maryse, Source: Revebebe

    ... étaient des inconnus qui ne se reverraient jamais plus. Mais il s’en moquait. Il n’avait jamais rien connu de 2tel et il fallait que ce soit sur le port, au milieu de nulle part, que tout cela devenait réalité. Alors, il sentit une caresse chaude couler le long de sa joue. Une larme. Et la voix douce, encore et toujours :
    
    Mais vous pleurez, Milord ?
    
    Ça j’l’aurais jamais cru
    
    Eh ben, voyons, Milord
    
    Souriez-moi, Milord
    
    Mieux qu’ça, un petit effort
    
    Voilà, c’est ça !
    
    Sans même le réaliser, il la tira vers lui, l’allongeant sur son cœur, leurs deux corps se serrant. La petite voix dans sa tête qui l’avait au début exhorté à réagir, à mettre fin à ce mirage ensorcelant, avait bel et bien disparu. Comme si elle n’avait jamais existé. Seules comptaient la chanson et cette fille de port contre lui, qui le plongeaient dans un vertige incessant. Totalement nouveau.
    
    Je vous connais, Milord
    
    Vous n’m’avez jamais vue
    
    Je n’suis qu’une fille du port
    
    Qu’une ombre de la rue.
    
    Quelque chose de plus fort que tout le poussait à s’abandonner à la caresse affolante des mains sur son visage. À se laisser enivrer par les mots qui résonnaient comme une berceuse obsédante, infinie. À se fondre dans la pression des seins qui épousaient son torse, à la douceur qui enveloppait son sexe tendu, comme un écrin. Ses jambes lui avaient enserré la taille pour mieux se perdre en elle. Et lorsque la bouche s’était posée sur la sienne, devenue si sensible, il avait ...
    ... capitulé.
    
    Ce qui s’était passé après restait très confus dans sa mémoire…
    
    Des doigts, des lèvres l’avaient investi, tout comme cette chanson qui tournait en boucle, incessante, qui se gravait en lettres de feu dans son esprit :
    
    Laissez-vous faire, Milord
    
    Et prenez bien vos aises
    
    Vos peines sur mon cœur
    
    Et vos pieds sur une chaise…
    
    Elle se mélangeait avec ses râles, ses gémissements, ses sanglots, résonnant inlassablement à ses oreilles, attisant cette impression de pur éblouissement…
    
    Comme l’éclat de l’océan à l’aube d’un nouveau jour, lorsque le soleil apparaît à l’horizon irisant les flots de ses couleurs or et oranger.
    
    Puis leurs souffles saccadés s’accélèrent, déchaînant la tempête. Arqués, leurs doigts accrochés, ils se laissèrent entraîner par le tourbillon de leur désir.
    
    Il chavirait. La houle l’engloutissait, le remontait. Le roulis du plaisir l’emportait vers des eaux inconnues. Plus d’horizon, plus de rivage. Seulement le va-et-vient incessant des flots et cette tension intolérable qui le faisait défaillir.
    
    Et cette mélodie qui le portait au paroxysme :
    
    Vous aviez le beau rôle,
    
    On aurait dit le roi,
    
    Vous marchiez en vainqueur
    
    Au bras d’une demoiselle.
    
    Je ne suis pas aussi belle,
    
    Mais moi je vous ai tout donné
    
    Sans rien demander en retour.
    
    Un dernier cri, un dernier râle, emporté par une lame sans fin. Et dans le tumulte, la voix qui chantonnait :
    
    Mais oui, Milord.
    
    Bravo, Milord,
    
    Encore, Milord.
    
    Une révélation ...